samedi 17 juin 2017

VTT au Club Med de Pragelato (Italie)

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Du Vtt au Club Med de Pragelato, en Italie. Après trois années consécutives à Peisey-Vallandry, il faut dire que la barre était placée assez haut. A vol d’oiseau, Pragelato se trouve à peine un peu plus loin que la station française. Mais il faut quand même se farcir le tunnel du Fréjus et ses 50 euros (A-R). Si Peisey se situe sur un sommet, Pragelato est plutôt dans une petite vallée. Là, on comprend immédiatement que n’importe quelle trace Vtt commencera par une sévère montée.

L’arrivée se passe dans un joyeux désordre. Visiblement, pour une semaine d’ouverture, la machine italienne n’est pas encore rodée. Mais, bon, on finit par caser la voiture dans un parking (prépayé à la réservation) qui se situe juste en face d’un parking public et gratuit L et on récupère notre chambre. En fait de chambre, il s’agit plutôt d’un appartement : deux étages, deux chambres, deux toilettes, une grande salle de bain, une kitchenette (avec frigo). Largement de quoi pouvoir nous étaler et enfermer nos vélos à l’abri d’éventuelles convoitises. Là, nous avons été bluffés par cette chambre (cochée « familiale » à la réservation). Il faut quand même dire que ce Club Med avait été construit à l’origine pour accueillir les journalistes qui relataient les JO d’hiver de Turin en 2006.

A notre arrivée, les GO italiens sont toujours en train d’assembler les vtt (neufs) fraîchement réceptionnés. Deux modèles de BMC aluminium full-suspendus sont disponibles : des 29 pouces avec double plateau ou des 27.5 pouces, mono-plateau avec tige de selle escamotable. Du beau matériel qui souffrira dans les graviers et cailloux locaux. Pour les handicapés, deux motocyclettes électriques Haibike sont également proposées à la location. Ce matériel vaut les Lapierre X-Control mis en œuvre par le Club de Peisey. Comme d’habitude, nous préférons utiliser nos propres vtt plutôt que ceux du Club.

Nous comprenons très vite qu’ici, il s’agira bien de Cross Country (XC) et pas de descente (DH) comme en France. Le XC demande moins de technique que le DH mais il n’en demeure pas moins que sans un minimum de compétences techniques, à certain moments, cela peut se révéler assez casse gueule. C’est le constat qu’un GO fera le premier jour avec un passage par les urgences de l’hôpital de Turin. Résultat : une épaule en carafe et le reste de la semaine en fauteuil.
Malgré leurs compétences et leur gentillesse, nous sommes quand même surpris que les GO italiens laissent certains GM, manifestement pas habitués au Vtt, prendre le départ dans des chemins assez … délicats.

Ici, il ne s’agit pas de « cours » de vtt comme à Peisey mais bien de vtt « accompagné ». Comme au ski, chaque journée propose des pistes vertes, bleues ou rouges, selon leur degré de difficulté. On peut regretter que les tracés soient souvent résumés à une grande montée suivie d’une grande descente … par le même chemin. Quelques tracés se font départs/arrivées Club, d’autres, départ camionnette et retour vtt et une autre départ et retour en camionnette. Les remontes-pentes ne sont pas opérationnels. Cela est vraiment dommage car cela aurait pu nous ouvrir d’autres traces peut-être plus intéressantes.

Dès notre arrivée, pour le lendemain, nous sélectionnons deux randos bleues. Une le matin et l’autre, forcément, l’après-midi. Bien nous en a pris car nos organismes n’étant pas habitués à ces altitudes (2000 m+) nous ont réclamé de l’air que nous avions des difficultés à fournir. Quoiqu’il en fut, nous sommes quand même arrivés, parmi les rares, au sommet des côtes sans mettre pied(s) à terre. Les groupes de 6 ou 7 permettent au GO accompagnateur de gérer sa rando sans trop de difficultés. Les différences de niveau entre les participants se sont faites sentir en début de séjour mais cela s’est vite calmé J.
Les magnifiques paysages des Alpes italiennes qui nous sont offerts une fois arrivés sur les perchoirs compensent largement les efforts fournis dans les montées.

A Pragelato, l’organisation est  … comment dire … italienne. Le premier jour, seul un tuyau d’arrosage (sans pistolet) provenant du toit et qui s’arrêtait à 1.5 m du sol était disponible. Le lendemain, un nettoyeur haute pression fit son apparition mais sans électricité. Le surlendemain, l’électricité était là mais le tuyau d’alimentation en eau se dégageait à chaque fois. Deux personnes, dont une qui terminait mouillée, étaient nécessaires pour nettoyer un vélo. Au quatrième jour, enfin, l’installation était opérationnelle. Il faut quand même dire que l’extrême sécheresse faisait que nous ramenions chaque jour quelques kilos de poussière accrochés aux vélos et qu’il valait mieux prendre soin de la transmission. Avec les 25 degrés (et plus) qui ont caractérisé cette semaine, le nettoyage n’a pas posé plus de problème que cela.

Nous avons terminé la semaine avec 170 km et 3700 mètres de dénivelés positifs, ce qui, croyez-moi, n’est quand même pas si mal.

Le Club de Pragelato est classifié 4 tridents. Cela signifie que le restaurant n’a pas grand-chose à envier aux gastronomiques et qu’il a été difficile de résister aux différents plats régionaux proposés. Le buffet de desserts était vraiment à se taper le cul par terre et nous n’avons pas hésité à lui faire honneur … chaque jour.

Pour les non-vttistes (càd la majorité des GM), de nombreuses randonnées pédestres, de difficultés variables, sont proposées.

N’étant pas fan de clubesteries et autres joyeusetés du même genre, je ne peux pas me prononcer sur leurs qualités à Pragelato mais je peux supposer qu’elles sont du même tonneau que dans les autres stations de la marque.

Le fait que nous choisissons systématiquement la première semaine d’ouverture de la saison d’été a plusieurs avantages. D’abord le prix est moitié (voir plus) moindre qu’en pleine saison, il y a beaucoup moins de monde et les GO sont généralement plus « souples » à nos demandes. Enfin, il n’y a pas d’ado J ce qui présage de plus de calme et qui, accessoirement, m’évite d’en égorger un ou deux J, à titre préventif, histoire de fixer les limites. Le revers de la médaille est que le Club monte en charge et que tous les services n’ont pas encore atteint leur pic de forme.

Eric









lundi 5 juin 2017

VTT Dans le parc national des South Downs

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Pour ma semaine « détente avec moi-même et mon vtt au fond de ma caverne », j’ai choisi une destination plus proche que d’habitude. A la place des montagnes écossaises ou galloises, j’ai pris la destination du South Downs, en Angleterre. Pour y aller, c’est facile : on va jusque Calais (oui, en France), on se met face à l’ouest (vers la gauche pour les incultes) et on fait un grand pas en avant pour enjamber l’espèce de pipi d’eau qui est devant soi. Une fois de l’autre côté, un petit entre-chat à gauche (vers l’ouest) et vous y êtes. Le South Downs est un parc national qui s’étend, en gros, entre Brighton et Portsmouth.

Le dimanche est prévu pour un raid (« Epic ») organisé à l’anglaise (voir mon compte rendu précédent). Le lendemain de mon arrivée (= le vendredi), j’avais donc opté pour une rando dont la trace était pré-enregistrée dans mon GPS. Un truc pas trop compliqué ni dénivelé, juste pour se mettre en jambes.

Cette région est parsemée de routes étroites et sinueuses et la circulation y est pas mal chargée, à toute heure de la journée. Mais tout circule bien. Le point de départ se situe dans un parking qui ne se trouve ni sur ma carte ni sur mon GPS. J’en ai été réduit à entrer les coordonnées latitude-longitude dans le GPS de la voiture pour arriver au bon endroit. Ce qui fut fait. A peine à 200 mètres d’une route bien chargée, je suis arrivé dans un havre de paix de plénitude, de calme et de verdure dans un parking en terre quasiment vide. 

A partir de là, s’est ouverte une rando idyllique sans presqu’aucune route, aucune voiture, aucun bruit. Juste les écureuils, les (gros) lapins, les (petits) faisans et moi. Le pied ! Et en plus, c’était grand bleu et dans les 25°. Cette trace est un mix de chemins en gravier ou en sable, de passages dans les sous-bois et de single-tracks qui laissent juste la place pour les roues du vélo. C’était tellement étroit que les (nombreuses) orties, lâchées en liberté, n’ont eu de cesse que de me lécher les mollets. D’un autre côté, cela éveille … surtout la nuit.

Le samedi a été l’occasion de visiter Brighton … enfin … surtout ses deux magasins de vélos. Le dimanche était bien occupé par cette course qui m’a obligé à me lever tôt et à sauter l’étape du petit déjeuner à l’hôtel.

Lundi, la météo était un peu moins ensoleillée mais surtout très venteuse. Et ce vent ne me quittera pas jusqu’à mon retour en Belgique. Comme vous le savez déjà, la Grande-Bretagne propose de nombreux bikeparks destinés à tous les amoureux du Vtt. Je me suis rendu à celui du Queen Elizabeth Country Park, à une petite trentaine de km de ma base opérationnelle de Midhurst. J’ai choisi de suivre une trace également pré-enregistrée dans mon GPS, à l’extérieur du parc. Cela m’a permis d’utiliser les infrastructures locales (parking, restaurant, toilettes, …) tout en étendant ma zone de « couverture vttiste ». Bien m’en a pris car, à nouveau, cette rando était magnifique. Ce ne sont jamais des tracés très techniques mais les jambes doivent quand même suivre car les dénivelés ne sont pas négligeables. Casse-croute (Jacked Potatoes) et petit cidre pour coincer cela en début d’après-midi avant de retourner à Midhurst.

La drache annoncée a commencé à s’affaler sur nous vers la fin de la journée et s’est étendue jusqu’au lendemain matin.

Ce pays est quand même formidable. Sur une bête petite route de campagne, il n’y a qu’ici qu’on peut croiser en quelques kilomètres : deux Ferrari, une poignée de Porsche, six Aston Martin ancienne génération et deux bagnoles dont je ne connais même pas la marque mais qui font un bruit de jet en passant à côté de moi et dont le toit devait m’arriver au niveau des fesses. Les anglais vouent une véritable passion à leur patrimoine automobile et cela restaure de tous les côtés.

Comme la pluie de la nuit avait sacrément mouillé tout le bazar, je suis retourné au Queen Elizabeth Park le mardi matin pour me faire quelques descentes balisées à l’intérieur même du parc. Ce n’était pas vraiment folichon mais c’était cela ou la boue jusqu’aux oreilles, même si la pluie avait cessé.
Re-Jacked potatoes et re-cidre avant de re-tourner à l’hôtel pour une douche chaude bien méritée.

Mercredi, dernier jour, j’ai choisi une rando plus près de la mer. Soleil et vent sont encore au rendez-vous. J’ai pu faire la causette avec un couple de chevaux qui devaient probablement être également en vacance (voir les photos) ainsi qu’avec des moutons au drôle de pelage gris. Mais, à mon avis, mon accent n’a pas du leur plaire parce qu’ils ont commencé à pisser (de rire ?) quand j’ai entamé la conversation.

La région est fort crayeuse et je pense avoir embarqué sur mon vélo de quoi alimenter les tableaux noirs des écoles de Namur pendant quelques générations.  Il va falloir nettoyer tout cela à mon retour afin de pouvoir disposer d’un vélo tout nickel pour la prochaine rando de dimanche.

J’adore franchement ce pays ainsi que ses habitants. Chaque fois que j’en reviens, j’en rapporte une vraie banane.

Eric

  


dimanche 4 juin 2017

VTT à la mode britannique



Bon, me voici de retour de ma première rando organisée en sol britannique. Il faut quand même que je vous explique parce que, bien entendu, les anglais ne font jamais les choses comme tout le monde … sans pour cela sous-entendre qu’ils les font mal, que du contraire.

D’abord, cette rando est organisée par le plus grand site internet de vente de matériel de vélo en Europe. Il faut s’inscrire à l’avance et, donc, payer au moment de l’inscription. 37 pounds, ce n’est pas donné. Mais quand on aime, on ne compte pas. J’espère quand même qu’à ce prix là, ce sera le grand amour.

Trois distances sont proposées : 17, 29 et 39 miles. Oui, ici, c’est en miles.

Bien entendu, entre le moment de l’inscription et le D-day, tu reçois plein de mails avec des promotions fantastiques sur le site internet de l’organisateur. Mais cela, c’est de bonne guerre.

Quelques semaines avant, tu reçois encore un mail avec une pièce jointe de 8 ( !) pages qui te ré-explique toute la procédure en te fournissant, gracieusement, le tracé de la rando, que tu peux même télécharger dans ton GPS. Ce n’est pas si mal et cela évite d’avoir des messages de ceux qui se sont perdus parce qu’ils ont loupé une flèche.

Les horaires sont très stricts. Tu dois arriver à 7h20 mais pas avant et l’enregistrement commence à 7h30, pas une minute avant. A 8h30, les enregistrements doivent être terminés. Tu fais cela chez nous et c’est le boxon assuré.

Le D-day, quand tu arrives au départ, tu es accueilli par une cinquantaine de playmobils en chasubles jaunes (des fois que tu ne les verrais pas) qui t’indiquent, au centimètre près, où tu dois parquer ton véhicule. Une fois en place, tu laisses ton vélo accroché à la voiture et tu prends ton casque pour aller à l’enregistrement où tu te places dans la file qui correspond à la lettre de ton nom (ton nom ! Imbécile, pas ton prénom …). Les anglais sont des fanatiques de la file (la queue comme ils disent) et surtout, ne fait pas comme ce français, qui a essayé de resquiller et qui a failli se faire arracher les couilles. 

Comme tout est organisé, cela va très vite. Sur ton casque, on te colle une puce pour te chronométrer (pas de casque, pas de rando), tu reçois une plaque d’identification à fixer à l’avant du vélo, quelques brols d’un sponsor quelconque et tu repars à ta voiture. Tout cela en 5 minutes, top chrono.
Ensuite, tu t’apprêtes, tu flânes, tu te grattes ce qui te démange. Bref, tu fais ce que tu veux en attendant l’heure du départ. 

Celui-ci se fait dans un box, par paquets de trente. Dans le box, on te rappelle encore une fois les consignes (couleurs des flèches et patati patata …). A l’heure H, le box part tranquillos. Personne ne te pousse en gueulant « chrono » (ben tiens, on en a tous un). Deux minutes plus tard, le box suivant est lancé. Et cela continue jusqu’à épuisement des stocks.
30 minutes après le départ du dernier, les équipes commencent à déflècher (oui, dans le sens de la course … imbécile va). 

Les flèches sont tellement visibles (noir sur fond rose-violet) qu’un aveugle pourrait ne pas perdre son chemin. Pourquoi donc nous échinons nous à utiliser des couleurs si peu visibles ? Et pour être certain, on les place par trois et en plus, il y a de la rubalise rose bonbon. C’est d’un chic, je ne vous dis pas.

Des fois que des demeurés se seraient inscrits, quasiment à chaque croisement de route, on a placé un ou deux  playmobils avec des drapeaux (jaunes et roses) pour indiquer le chemin et qu’il faut bien faire attention de ne pas se faire encorner par une Aston Martin en traversant la route.

Ici, tu prends du dénivelé sans quasiment t’en rendre compte. Les montées sont généralement très longues sans obstacle du style gros cailloux, tronc d’arbre ou tuyau d’évacuation comme nous nous plaisons à les placer devant les roues des vttistes (cà, c’est notre côté jouette et taquin).

Il ne faut pas s’attendre à des descentes hyper-techniques. Par contre, elles sont généralement très amusantes pour peu qu’elles soient en single-track (et il y en a pas mal comme cela).

Les paysages sont superbes et les quelques villages que nous traversons sont d’un charme tout britannique qu’on ne trouve qu’ici (forcément, vous me direz).

La rando se passe dans une politesse extrême. Personne n’imaginerait pousser quelqu’un ni même le frôler de trop près. Ce serait « shoking ». Quand un vttiste se rend compte qu’un autre, plus rapide, est derrière lui, il propose de le laisser passer. Vous me direz que c’est tellement plus amusant de dégager la chicane mobile d’un coup de pied en l’envoyant dans le fossé (encore notre côté taquin) mais ici, cela ne se fait tout simplement pas.

Nous avons eu droit à deux ravitos 5 étoiles. Avec toilettes, distribution de tout ce que tu peux espérer t’enfiler sans devoir regonfler ta suspension, un médecin mobile (avec sa moto), une camionnette de réparation (c’est comme un food-truck sauf que c’est pour réparer les vélos).  

A l’arrivée, tu passes dans le portique de chronométrage et une charmante jeune fille te passe une médaille autour du cou. Si elle y arrive … parce que dans mon cas, j’ai eu l’impression qu’elle voulait absolument me fourrer le casque et tout ce qu’il contenait dans son opulente poitrine. Heureusement, j’y ai échappé. Tu reçois également un t-shirt de finisher (ce qui est toujours sympa) et une boisson revigorante. C’est surtout ceux pour lesquels la charmante demoiselle est arrivée à ses fins qui en ont besoin.

Après, tu peux aller au bike wash qui n’a rien à envier aux nôtres, à l’exception notable de la distribution  gratuite de produits de nettoyage (ma foi, assez efficaces) d’une marque bien connue.

Ensuite, tu peux,  au choix, faire la file aux douches, faire la file au barbecue, faire la file à la camionnette qui vend des expressos, faire la file pour te faire masser (mais pas par la fille des médailles). Rassure-toi, grâce à l’organisation britannique, tout va très vite.

Après tout ce tableau idyllique, on arrive au gros point noir des randos britanniques à savoir que tu peux te brosser pour trouver la moindre bière dans un rayon d’un kilomètre. Un concept pareil, chez nous, c’est inexportable. On comprend mieux, maintenant, la vraie raison du brexit. C’est tout simplement parce que nous refusons les randos vtt NA.

J’ai terminé la rando avec 63 km et 1500 m de D+ au compteur.


Eric