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samedi 12 septembre 2020

Con Lanta, l'enfer des zéros à Verdun

 

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Mesdames et messieurs, bienvenue à cette 69ème édition de votre émission d’aventures et de divertissements que la mode entière nous envie … à savoir « Con Lanta », le jeu qui dit tout dans son nom.

Pour cette saison, Covid oblige, la direction n’a pas été aussi regardante sur la qualité des candidats mais des sujets en pas trop mauvaise forme ont quand même pu être réunis.

La première moitié des participants, les jaunes, est composée de deux français : « Bomba » Cathy et « Conan » Vincenzo. Cathy compte des billets dans une banque. Son bureau est situé à mi-distance entre la sortie vers les égouts et le coffre-fort. Vincenzo, quant à lui, est spécialisé dans les forages à grande profondeur et au percement de grosses plaques métalliques. Un cocktail détonnant à l’avenir assuré.

L’autre moitié (les oranges) est composée de deux belges retraité et pré-retraitée liégo-namurois : « Calimero » Brigitte et « Killy » Roberto. Brigitte fait partie du cercle très fermé des personnes dissociatives qui arrivent à séparer leur esprit de leur corps (si si, je vous jure que cela existe) tandis que Roberto essaye tant bien que mal de remettre les deux morceaux sur la même personne et dans le bon ordre. Pour ce dernier point, il n’y arrive pas à chaque fois.

Enfin, la dernière moitié des participants (les bleus) « Poyon » Valérie et « Tomcat » Eric sont deux fringuants retraités (enfin … surtout la première) qui avancent derrière tout afin de pousser les autres dans la merde et de leur faire penser que c’est de leur faute. C’est leur tactique habituelle qu’ils ont décidé d’adopter pendant cette édition.

Vous me direz que nous avons là trois moitiés. Ben oui : mon jeu, mon règlement. Na !

La première manche de notre jeu se déroule sur le champ de bataille de Verdun, dans le département de la Meuse. Le budget de cette année ne permettait pas de largage par hélicoptère alors, les trois équipes ont été envoyées par la route, sur leur vélo, en leur priant de ne pas se perdre en route. Arrivés à l’endroit propice, l’épreuve a consisté à suivre un trajet pré-établi en visitant les très nombreux trous de balles rencontrés sur leur chemin. Quand on vous disait que certains essayent d’emmerder les autres …

Vers le milieu de la journée, « Calimero » Brigitte a découvert, en cherchant un endroit pour un besoin naturel, un collier d’immunité sous la forme d’une rivière à spaghettis. Au grand désarroi des autres équipes qui devront se la coltiner le lendemain. Le problème est qu’elle a fait pipi sur les spaghettis, qu’ils n’étaient plus du tout « al dente » et le collier n’était donc plus utilisable.

Durant cette épreuve, l’équipe des jaunes a perdu la moitié de ses membres en une seule fois. Ce qui a obligé le capitaine de l’équipe à pousser son célèbre cri de guerre : « putainmaistesoucathymaistesou ». Et ce, à trois reprises. C’était tout dire de la gravité de la situation. Heureusement, cela s’est très vite arrangé et Vincenzo a retrouvé rapidement sa moitié.

La célèbre épreuve des poteaux a été adaptée au lieu. Le but est de sauter de la tête d’un poteau à l’autre en criant « un petit bonhomme sans rire » à chaque fois. A cette épreuve, Vincenzo s’est montré le plus brillant en totalisant un record de 16.142 bonhommes sans rire.

Vincenzo au départ de l'épreuve des poteaux

Réunies en conseil, les équipes ont décidé de l’élimination des « jaunes » qui ont été condamnés à visiter la ville de Verdun le lendemain.

L’épreuve du dimanche a consisté à rejoindre la citadelle de Montmedy à la ville d’Orval et à en revenir sans avoir dégusté la moindre goutte du célèbre breuvage des moines. Le parcours était agrémenté d’épreuves telles que le déplacement de troncs d’arbres. Il s’agissait également d’éviter les zones de peste porcine africaine. Déjà qu’on n’était pas gâté avec le covid, il ne s’agissait pas de ramener des africains pestiférés chez nous.

Si pas une goutte d’Orval n’a été consommée durant l’épreuve, les équipes se sont rattrapées le soir, au bivouac, autour du feu de camp.

Eric

  

samedi 20 juin 2020

Oostkerke : le déconfinement


La (première) période de confinement est maintenant dernière nous. Elle nous a permis de tourner en rond dans notre région au départ de chez nous, contrairement aux français qui étaient limités à leur jardin.

Après avoir écumé de nombreuses centaines de kilomètres sur nos chemins, nous avons saisi la première occasion pour aller planter nos pneus dans une autre région de notre (beau) pays. Et nous avons choisi … l’arrière-pays de la côte belge. Vous me direz que ce n’est pas une région propice à notre sport. Raison de plus pour s’y rendre et essayer de dénicher les bons chemins.

Notre point de départ se situe dans le fond du jardin de la ville de Knokke, à savoir le petit village de Oostkerke. On y trouve de quoi stationner, se restaurer et même, le cas échéant, se loger.

La trace part vers le village hollandais de Sluis en longeant le canal de Bruges. En chemin, nous marquons une halte à Hoeke et sa magnifique petite église du 13ème siècle (https://www.visitdamme.be/sintjacobdemeerdere). Hoeke se trouve sur la route cycliste vers Saint-Jacques de Compostelle.

Avant l’avènement d’internet, Sluis était très connue car les boutiques « pour adultes » y étaient répandues et nombreux étaient les belges à y faire leurs emplettes d’accessoires et modes d’emplois divers. Aujourd'hui, c’est devenu une destination touristique sympa avec moult commerces en tous genres. Le tour cycliste des anciens remparts est possible mais nous nous limitons à une traversée de la rue principale vers un petit quartier extérieur.

Les routes en gros pavés sont rapidement suivies par des chemins en graviers très accessibles mais vu la nature du sol, nous ne rencontrons pas grand monde d’autre que des oiseaux en tous genres et, en particulier, quelques cigognes. Nous commençons à être heureux de nous trouver sur des vtt.
En cas de pluie, les protections sont assez rares. Par contre, quand le vent s’en mêle, je peux vous garantir un entraînement du tonnerre. Heureusement pour nous, la météo est de notre côté.
Une fois passé le joli village d’Aardenburg, la nature du sol change quelque peu et seuls les vtt peuvent encore s’engager dans les chemins que nous avons choisis.

Juste à l’entrée de Middelburg (vers le km 42), on trouve le couvent Santa_Clara où une restauration est possible. Ils proposent de la bière locale qui est très bonne. Nos vélos sont à l’abri et à portée dans la cour intérieure.

Le retour se fait à travers champs dans des chemins bien adaptés à nos vélos. On pourrait croire qu’il est facile de rouler sur des chemins de terre bien secs et durs. Mais imaginez que la semaine précédente, des tracteurs avec de gros pneus sont passés et y ont laissé des tas d’ornières qui correspondent aux dessins de leurs pneus. On a l’impression de rouler sur un toit ondulé et notre fondement en prend un sacré coup.

En parlant de fondement, vu le profil général de la rando qui ressemble à un électroencéphalogramme de Donald Trump, vous devez bien vous douter que l’entièreté du tracé se fait avec le derrière sur la selle. Croyez-moi, en fin de journée, votre arrière-train ne vous remerciera pas et je ne saurais que trop vous conseiller de vous enduire les parties sensibles d’une bonne dose de « crème à cul » avant de partir.

A Lapscheure, on reprend des chemins plus classiques pour la région et le retour se fait calmement le long du canal Leopold. Quand vous commencez à sentir l’odeur de l’Omer, vous savez que vous êtes près du but.

Pour rappel, les flamands naissent avec un vélo entre les jambes. Ils savent ce que rouler signifie et quand vous avez un essaim de cyclotouristes néerlandophones aux fesses, je ne peux que vous conseiller de vous écarter. D’abord ils sont tous très sympas et vous remercient mais surtout, si vous ne vous garez pas, vous risquez un accident.

C’est probablement dû à la crise sanitaire mais, cette fois ci, nous avons pu constater une explosion du nombre de couples (assez) âgés qui circulent sur des VAE. C’est encore plus vrai dans la partie hollandaise du tracé. Je ne compte plus le nombre de fois où nous nous sommes fait dépasser par ces engins. Généralement, ils savent manier leur vélo mais ce n’est pas toujours le cas … méfiance donc !
L’ensemble du tracé fait 57 Km avec un impressionnant dénivelé de … 88 m.

Je vous recommande sans hésiter le petit hôtel d’Oostkerke : https://www.hetoudgemeentehuis.be/fr/.

Eric






jeudi 13 février 2020

Californication


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Coronavirus, SRAS, H1N1, grippe aviaire, asiatique, africaine, … ras le bol de ces saletés orientales qui en veulent à notre peau. Nous, on a choisi de se mettre à l’abri de tout cela dans un endroit où nous serons certains de ne pas être touchés.

Nous avons donc décidé de partir loin, très loin, dans un pays où tout sent le propre et le désinfecté … à savoir : les Etats-Unis, la côte ouest et San Francisco en particulier. Là, pas de cochon ni de chinoiserie ni de pestiféré annoncé.  
Bon, ok, vous me direz qu’il y en a bien un qui ne semble pas être au mieux de sa forme mais là, c’est probablement dû à son foie, à son coiffeur (qui devrait être pendu), à son maquilleur ou à son peintre qui s’est trumpé de pot. A moins que cela ne soit tout simplement à son habitude de rire jaune. Quoique … pour cette dernière, il faut arriver à comprendre la plaisanterie et dans son cas, ce n’est pas gagné.

Bref, après nous avoir demandé cinquante fois à quand remontait notre dernier voyage en Chine (des fois qu’on aurait envie d’y aller), les douaniers nous ont laissés débarquer aux amériques (via Londres).

Super hôtel, en plein centre-ville, en bordure du quartier … chinois, que nous avons traversé, en gros une vingtaine de fois, au milieu des légumes bizarres, des poissons vivants ou morts, des accessoires les plus improbables tout en surnageant une mer de nains masqués, tous aussi bridés les uns que les autres (vu qu’on ne voyait que leurs yeux, il faut dire que cela se remarquait).

San Francisco est une ville très plate … à condition de se cantonner à la plage. En dehors de cela, c’est plutôt du style « Martine à la montagne ». Ce n’est pas pour rien que les américains ont installé des « cable cars », sortes de remonte-pentes, qui permettent aux touristes de gravir les collines locales. A ce sujet, s’il vous prenait l’envie de visiter cette ville, je vous suggère, avant votre départ, de visionner le film « Bullitt » (avec Steve McQueen) et, en particulier, la scène de course poursuite à travers les rues de San Francisco.

Plutôt que de visiter comme d’habituels touristes, nous avons choisi l’option de la location de … vélos (si si, je vous jure) qui nous a permis de nous déplacer facilement. Coup de bol, malgré une température parfois frisquette, la météo était au rendez-vous et c’est sous le soleil que nous avons traversé le Golden Gate ( = le pont qui barre la baie de S-F) et que nous nous sommes perdus à Sausalito et Tiburon. Nous sommes revenus à bon port en empruntant le ferry. Nous n’étions pas les seuls …

Le lendemain, même mode de locomotion mais dans la ville jusqu’aux maisons peintes (painted ladies) en passant par le Golden Gate park et Ocean Beach sur l’océan Pacifique pour terminer à Presidio.

Se déplacer à vélo est très sécurisant aux Etats-Unis car la circulation automobile est bien plus cool qu’en Belgique. Les automobilistes font très attention aux cyclistes (qui possèdent leur propre bande de circulation) et aux piétons. Il faut reconnaître que, au contraire de chez nous, ces derniers respectent également la signalisation.

J’avais pris la précaution de réserver des restaurants « à l’avance » et bien nous en a pris. Délibérément, nous avions fait le choix d’une cuisine typiquement américaine (c’est-à-dire chinoise et italienne) avec une exception pour les hamburgers qui sont, comme chacun le sait, internationaux.
Après six jours de ville, nous descendons vers le sud à bord d’une voiture de location (une Chevrolet Impala) super équipée. A condition de connaître la direction à emprunter, conduire est assez facile aux Etats-Unis. Les américains sont globalement respectueux des limitations de vitesses (qui sont plus basses que chez nous) et du code de la route. Même si les cinq ou six bandes d’autoroutes peuvent impressionner, les trajets sont assez cool.

Le sud … c’est vers Santa-Cruz. Ce n’est pas sans une émotion certaine que nous visitons l’usine Santa-Cruz, là où nos vélos sont nés. Bon, ok, nous en avons quand même profité pour emprunter deux VTT neufs (des Santa Cruz Tallboy de plus de 10.000 $ chacun) pour un tour dans le bike park local. Sous un soleil généreux, il n’y avait qu’un seul singletrack d’une bonne trentaine de kilomètres avec 650 m de dénivelé positif. Comme le terrain était bien sec, le grip était très bon alors vous pensez bien que nous en avons profité. C’est avec tristesse (mais avec la banane) que vous avons dû rendre nos vélos à l’usine.

Le soir, c’est encore un restaurant typiquement américain (un thaï) qui nous attendait.
Le lendemain, nous avons pris de la hauteur vers le parc national du Yosemite. Habituellement, en cette saison, il est sous la neige ou il pleut (au choix). Cette année, c’est sous le soleil que nous l’avons visité (ben si !).

Dans ce parc, qui est gigantesque, il n’y a pas d’autre choix que de se balader en marchant (pff ….). Sur nos trois jours, nous avons dû marcher (et monter et descendre) une bonne soixantaine de kilomètres. Inutile de vous dire que nous étions rétamés en fin de journée. Franchement, les paysages sont époustouflants et ne ressemblent en rien à ce que nous avons déjà vu.

Sur nos deux semaines, nous avons marché plus de 120 kilomètres. Et même chose pour le(s) vélo(s).
Comme prévu, nous n’avons pas vu la trace du moindre virus … ce qui ne m’a pas empêché de ramener en Belgique, une toux monumentale qui m’a fait craindre, un instant à l’aéroport, une déportation vers Guantanamo.

Bon, là-dessus, j’ai vraiment envie d’une bière qui ne ressemble pas à de la pisse de cheval. En tous les cas, pas une Corona, hein !

Eric


samedi 7 septembre 2019

Week-End sportif à Oostkerke

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vendredi 23 août 2019

La campagne d'Ypres

Après la campagne de Verdun, celle d'Ypres et de l'Yser.

lundi 1 avril 2019

Madere 2019 ou l'histoire délirante d'un chat dans un sac

En janvier, Valérie est partie en mission exploratoire sur l’île de Madère. 

Officiellement, c’était pour y retrouver ses parents dans le cadre d’une opération post-professionnelle. Officieusement, il s’agissait de rassembler discrètement des informations relatives au VTT sur cette île.

Pour les incultes, Madère est une île située dans l’océan atlantique, à peu près à la hauteur de Casablanca (oui, au Maroc). Cette île a beau être portugaise, elle n’est pas ensablée le moins du monde car il n’y a pas une seule plage sur ce caillou qui part de la mer jusqu'à une altitude de 1900 mètres.

Du dessus, la surface de cette île ressemble à la tête de Jeanne Moreau (sans la fumée) : une succession de crevasses, de creux et d’à pics, tout cela chiffonné tel un Shar Pei. Mieux vaut ne pas être sujet au vertige ni allergique aux bananes pour visiter cet endroit. A croire que l’île a été colonisée par un troupeau de singes en rut : des bananiers partout.

On m’a vendu Madère comme ceci : « oufti … en janvier la météo était super. De temps en temps un nuage sur les hauteurs et, peut-être (notez le « peut-être »), un peu froid en altitude. En plus, c’est la mecque du VTT. L’agence qui organise une des manches de la coupe du Monde d’Enduro se trouve juste à la sortie de l’hôtel. Et les vélos sont neufs. Il n’y a que des vieux pensionnés et pas de gosse. Ce sera supeeeer !.».

Bon … ok … la mariée est séduisante mais j’avais quand même l’impression d’être caressé dans le sens des poils.

En avril, inutile de s’embarquer avec des accessoires inutiles comme les chaussettes insubmersibles (SealSkin), les longs cuissards, les gants isolés ou les pantalons hydrofuges. Ben voyons !

Le premier jour, on se rend à l’agence FreeRide qui installe nos pédales et nos selles sur les vélos qui nous sont destinés : des Specialized StumpJumper, modèles alu, mono-plateaux, 12 vitesses. Il nous faudra quand même tirer un plateau de 32 dents, ce qui nous promet du plaisir alors que nous sommes habitués à un 28. Ces vélos ne disposent pas de tige de selle amovible. Bah … on fera sans. Les vélos étaient neufs en janvier et, mises à part quelques griffes, ils sont en bon état.

Au niveau de la mer, la température est un peu frisquette mais acceptable. On monte dans la camionnette qui achemine (= qui escalade) notre petit groupe de 6 vttistes vers le point de départ, quelques 1000 mètres plus haut. Là, nous avons tout de suite compris pourquoi Madère est prisée des enduristes : cela ne fait que de descendre.

Le point de départ est dans les nuages (littéralement) et il fait déjà nettement moins chaud. Mais, bon, quelques grimpettes plus tard, notre température corporelle a régulé cela.
A la fin de cette journée, nous comprenons déjà que la semaine s’annonce sportive. Mais, après tout, c’est pour cela que nous sommes venus, non ?

Le lendemain, la météo au niveau de la mer est déjà moins engageante. Nous ne sommes plus que deux (plus notre guide) dans la camionnette. 45 minutes plus tard, on nous largue au milieu d’un nuage et, accessoirement, d’une bonne grimpette. Trois minutes plus tard, la pluie arrive ... suivie de la neige … puis de la glace. Le genre de pluie de grêle à faire pousser les poils en dessous des bras. En moins de temps qu’il ne faut pour les enfiler, nos vestes de pluie sont transpercées. Nous sommes complètement trempés et la température descend juste que ... -2°. Quelques kilomètres plus loin, nous apercevons une autre camionnette FreeRide que notre guide avait appelée. Elle embarque Valérie et son vélo mais comme elle était complète, je suis obligé de continuer sur la route jusqu’au refuge. Les voitures, camionnettes et cars sont quasiment à l’arrêt et je les dépasse tous. La route est couverte de 2 centimètres de billes blanches. Obligés de nous décongeler devant un feu de bois, inutile de vous dire que la journée s’est arrêtée là, après 8 km et 350 mètres de grimpette.

A hauteur de Casablanca, je vous disais…

Le lendemain, 3ème jour du périple, la météo n’est pas plus réjouissante que la veille. Nous décidons de monter « moins haut » que hier. Bien nous en a pris. Nous avons évité les grèlons … mais pas la drache.

La journée ne commence pas trop mal avec une légère pluie supportable. Après une bonne montée nous empruntons un superbe singletrack de 5 km traversant une forêt d’eucalyptus. La trace est parsemée de racines et cela rend le pilotage délicat. C’est une fois sorti de ce single que le déluge nous  tombe sur la tête, par Toutatis, coupant court à nos désirs de pédalage.

A J+4, nous virons carrément vers la pointe ouest de l’île où la météo devait être meilleure. Ne boudons pas notre plaisir : nous n’avons pas eu de drache mais nous terminons quand même bien humidifiés. Cela dit, la trace choisie par notre guide est superbe, en plein milieu des matitis. Une des particularités du sol madérien est qu’il est extrêmement glissant lorsqu’il est humide (si si …) et les descentes se font avec un doigté particulièrement délicat sur les freins. La journée s’achève sous un soleil refroidi par un vent agité.

Le dernier jour, appâtés par la prévision d’une meilleure météo, nous récupérons quelques participants. L’équipe de FreeRide n’a pas osé nous emmener trop haut et nous dépose au départ d’une longue levada. Après une vingtaine de kilomètres, c’est le moment que choisit une racine d’eucalyptus pour traverser ma route et s’engager dans un des rayons de la roue avant … et … bardaf, c’est l’embardée. Le temps de récupérer tous mes os et d’en faire le compte, je me retrouve avec une entorse au poignet qui m’empêche de continuer la route.

Soyons corrects : on m’a vendu un chat dans un sac avec plein de promesses qui n’ont pas été tenues. Mais il faut quand même reconnaître que l’île de Madère ne manque pas de charmes … à condition d’aimer la neige, la pluie et le vent.

😉

Eric


samedi 22 juillet 2017

VTT dans les Cornouailles

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Bonjour Tonton Charlie et Tata Camomilla,

Je voulais vous remercier pour votre charmante invitation à venir faire de la vélocyclette tous terrains sur vos terres du Devon, dans les Cornouailles. Je vous suis également reconnaissant pour le grimoire (NDLR : Vertebrate Publishing) que vous m’avez envoyé qui décrit avec précision les plus beaux chemins de vos villages. Nous ne doutions pas qu’il nous permettrait de choisir nos traces avec plus de précision. Pas sécurité, j’ai retranscrit les plus intéressants (ceux qui partent du château) sur un nouvel appareil qui m’a été fourni par le Mage Garminus, à savoir le gousset pour sirculer (*), plus communément appelé GPS.

Le trajet aller ne nous a pas posé de problème si ce n’est qu’il a coïncidé avec le premier jour de congés d’été des enfants de vos serfs et cela a occasionné énormément de bouchons de carioles de toutes sortes sur les routes, déjà très étroites, de votre comté.

Nous sommes passés devant Hastings qui nous a rappelé de bien tristes souvenirs pour votre famille. Heureusement, Sir Christopher vient de venger votre honneur, pour la quatrième fois, en la mettant bien profond aux fromages qui puent.

Nous avons commencé par passer quelques jours dans votre castel du Devon, dans le parc impérial du Dartmoor. L’arrivée à l’hôtel au château a été parfaite. Vos laquais ont bien pris soin de nos vélocipèdes pendant que les servantes nous installaient dans notre suite. A ce propos, je dois vraiment vous féliciter pour la qualité et l’amabilité de votre petit personnel. Celui-ci sied comme il se doit à votre rang et vous pouvez être fier du travail qu’il réalise.

Pour notre premier jour, la météo n’était pas terrible aussi avons-nous choisi une trace pas trop longue avec un faible dénivelé qui nous a emmenés dans des coins pas trop éloignés du château. Vos jardiniers ont fait un travail remarquable et la région est magnifique.

Pourrais-je quand même vous suggérer de leur demander de tailler les fougères qui, par moment, étaient plus grandes que nous ? A certains endroits, elles formaient un réseau aussi impénétrable que Laidie Camomilla. Une machette nous aurait été bien utile (pour les fougères, je veux dire).

Le petit GPS nous a été fortement sollicité car certains chemins étaient vraiment invisibles et très difficiles à trouver. Les chemins empruntés sont principalement rocailleux mais nous avons également beaucoup apprécié de grandes traces dans de l’herbe tondue bien rase par vos moutons. A ce sujet, ne vous inquiétez pas trop des moultes livres de piece of shit de divers animaux croisés tout au long de nos périples avec lesquelles  nous sommes rentrés au château. Vos valais nous ont confié un nettoyeur à haute pression qui a bien fait l’affaire.

Puis-je également suggérer à vos cochers de chausser les carrosses avec des pneus sans tube (des tubeless, quoi !) ? Et si c’est déjà le cas, de rajouter une dose de lait de caoutchouc. Sans cela, les nombreux arbustes à épines auraient taillés en pièces nos jantes (déjà que nos mollets et chevilles, ce n’était pas triste). A l’avant, je privilégierais des chausses disposant d’une bonne accroche (tels des Maxis High Roller II) tandis que les roues arrières se contenteraient de modèles privilégiant la motricité. Grâce à l’excellent drainage de vos terres, la grosse boue qui colle est quasi inexistante. 
Nous vous remercions d’avoir demandé à vos villageois d’organiser une fête rien que pour nous. Le concours de chiens (où nous avons remis, en personne, le prix du meilleur chien à six pattes) ainsi que la course de canards ont été particulièrement appréciés. Le concours de tartes n’a pas non plus été oublié ni le lancer de noix de coco.

Le lendemain, nous avons choisi une trace plus conséquente, classée « noire » qui ne faisait pourtant que 32 Km et 700 mètres de dénivelé positif. Une fois de plus, nous avons pu apprécier la beauté sauvage de votre comté ainsi que les passages parmi les nombreux animaux laissés en semi-liberté, sans compter les traversées de jungles de fougères, ronces et genévriers. Les nombreuses grimpettes n’étaient pas piquées des sauterelles et, en finalité, nous avons largement dépassé le dénivelé annoncé. A ce sujet, pourrais-je vous demander d’intercéder auprès de Grand-Tante Lizbeth afin qu’elle envoie le prévôt et quelques uns de ses sbires expliquer au bastard de scribe qui a rédigé ce grimoire comment calculer correctement un dénivelé ? Il me semble que lui empaler le doigt dans l’œil pourrait suffire à ce qu’il comprenne qu’entre 700 et 1100, il y a une sacrée différence.

A la fin de cette journée, une bière locale a été très appréciée. Celle-ci est produite par un de vos Ducs qui est en charge de la prison locale où le brassage se fait dans une cellule. Ce donjon a la réputation de ne laisser ressortir personne et le Duc semble bien y veiller. C’est probablement de là qu’il tient son surnom de wanker Trou Duc.

Le lendemain, nous sommes partis vers votre résidence du nord, dans le parc national de l’Exmoor où nous avons pris nos quartiers dans une demeure accrochée à la falaise, le long du Bristol Chanel. Comme d’habitude, cette situation nous a permis de rayonner depuis ce point.

Le départ de notre tracé (« rouge ») du jour tenait plus de l’escalade que du pédalage aussi avons-nous privilégié … le poussage. Cela nous aura été bien utile pour la suite de la journée. Arrivé en haut des falaises, nous avons dialogué avec quelques uns de vos poneys du Devon tandis que les paisibles grosses vaches à longs poils et larges cornes nous laissaient passer sans problème. Les nombreux lapins présents dans la région ne doivent pas être ignorés car ils creusent pas mal de trous (jouettes qu’ils sont) qui peuvent être fatals aux cavaliers. De nombreuses descentes demandent un bon niveau technique de la part des chevaliers mais on ne peut pas affirmer qu’elles soient dangereuses. Au pire, il sera nécessaire de trouver une petite soubrette pour ôter, une par une, les épines de muriers de nos fesses une fois rentrés au bercail. La météo nous a gratifiés d’un ciel bleu durant toute la journée et c’est le visage en banane que nous nous sommes arrêtés dans un pub pour déguster une bonne bière (Fat Belly) brassée sur place. Quel beau territoire vous possédez là.

Au sujet du ravitaillement, ne pensez-vous pas qu’il serait utile de prévoir quelques relais afin de sustenter les chevaliers qui parcourent vos terres ? Il n’y a, en effet, que très peu d’endroits où se ravitailler en cours de route et il s’agit d’être prévoyant « à l’avance ».

Nous avons profité d’une journée de pluie pour rendre visite à vos serfs du village voisin. Nous avons pu trouver un de ces commerçants qui proposent encore des services aux vélocyclopédistes. Cette échoppe était très bien achalandée et nous y sommes restés plusieurs heures en profitant également du bar qui s’y trouve intégré. Il n’y a pas à dire mais vos sujets savent ce que les chevaliers actuels attendent.

Le trace « noire » que nous avons choisie ensuite ressemble plus à du steaple chase ou à une fox hunt qu’à une randonnée en vtt mais c’est avec bravoure que nous nous sommes lancés dans l’aventure. Le matériel, mécanique et humain, est soumis à rude épreuve et ce serait gageure que de se lancer dans une telle aventure sans prendre un minimum de précautions et de tenir compte que la couverture téléphonique sans fil est plus qu’aléatoire dans ces régions reculées. Il n’est pas non plus inutile de prévoir un pourpoint de réserve dans la besace dorsale d’autant que le ciel, parfois capricieux, peut nous faire passer, en une seule journée, par les quatre saisons, et cela sans Vivaldi. But as you know, we don’t give a shit to (Bart) ze wezer.

Le terme Singletrack prend ici tout son sens. Il y a tout juste la place pour poser la largeur d’un pneu et on se demande même comment le cintre arrive à se faufiler entre les différents obstacles que des malandrins ont placés sur le chemin au cours des siècles.    

Cette semaine nous aura permis de parcourir 20 lieues (NDLR : une lieue valant 3 milles impériaux, vous n’aurez qu’à faire le calcul J ) pour un dénivelé total de 9843 pieds. Ce qui, à priori, peut ne pas sembler être extraordinaire, mais Damn You, nos jarrets s’en souviennent encore.
Encore une fois, chère oncle Charlie, nous vous remercions pour ces excellentes vacances que nous avons passées en vos lointains territoires.

Thank you and do not forget to make the bise to Kate.

Damoiseau Eric & Dame Valérie


(*) certains mots ont été adaptés du vieux français et ne sont peut-être plus en usage actuellement.

PS : Si quelques libertés historiques ont été prises, tous les événements relatés ici sont rigoureusement exacts. Seuls les noms des différents protagonistes ont été changés afin de protéger leur intimité.


lundi 5 juin 2017

VTT Dans le parc national des South Downs

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Pour ma semaine « détente avec moi-même et mon vtt au fond de ma caverne », j’ai choisi une destination plus proche que d’habitude. A la place des montagnes écossaises ou galloises, j’ai pris la destination du South Downs, en Angleterre. Pour y aller, c’est facile : on va jusque Calais (oui, en France), on se met face à l’ouest (vers la gauche pour les incultes) et on fait un grand pas en avant pour enjamber l’espèce de pipi d’eau qui est devant soi. Une fois de l’autre côté, un petit entre-chat à gauche (vers l’ouest) et vous y êtes. Le South Downs est un parc national qui s’étend, en gros, entre Brighton et Portsmouth.

Le dimanche est prévu pour un raid (« Epic ») organisé à l’anglaise (voir mon compte rendu précédent). Le lendemain de mon arrivée (= le vendredi), j’avais donc opté pour une rando dont la trace était pré-enregistrée dans mon GPS. Un truc pas trop compliqué ni dénivelé, juste pour se mettre en jambes.

Cette région est parsemée de routes étroites et sinueuses et la circulation y est pas mal chargée, à toute heure de la journée. Mais tout circule bien. Le point de départ se situe dans un parking qui ne se trouve ni sur ma carte ni sur mon GPS. J’en ai été réduit à entrer les coordonnées latitude-longitude dans le GPS de la voiture pour arriver au bon endroit. Ce qui fut fait. A peine à 200 mètres d’une route bien chargée, je suis arrivé dans un havre de paix de plénitude, de calme et de verdure dans un parking en terre quasiment vide. 

A partir de là, s’est ouverte une rando idyllique sans presqu’aucune route, aucune voiture, aucun bruit. Juste les écureuils, les (gros) lapins, les (petits) faisans et moi. Le pied ! Et en plus, c’était grand bleu et dans les 25°. Cette trace est un mix de chemins en gravier ou en sable, de passages dans les sous-bois et de single-tracks qui laissent juste la place pour les roues du vélo. C’était tellement étroit que les (nombreuses) orties, lâchées en liberté, n’ont eu de cesse que de me lécher les mollets. D’un autre côté, cela éveille … surtout la nuit.

Le samedi a été l’occasion de visiter Brighton … enfin … surtout ses deux magasins de vélos. Le dimanche était bien occupé par cette course qui m’a obligé à me lever tôt et à sauter l’étape du petit déjeuner à l’hôtel.

Lundi, la météo était un peu moins ensoleillée mais surtout très venteuse. Et ce vent ne me quittera pas jusqu’à mon retour en Belgique. Comme vous le savez déjà, la Grande-Bretagne propose de nombreux bikeparks destinés à tous les amoureux du Vtt. Je me suis rendu à celui du Queen Elizabeth Country Park, à une petite trentaine de km de ma base opérationnelle de Midhurst. J’ai choisi de suivre une trace également pré-enregistrée dans mon GPS, à l’extérieur du parc. Cela m’a permis d’utiliser les infrastructures locales (parking, restaurant, toilettes, …) tout en étendant ma zone de « couverture vttiste ». Bien m’en a pris car, à nouveau, cette rando était magnifique. Ce ne sont jamais des tracés très techniques mais les jambes doivent quand même suivre car les dénivelés ne sont pas négligeables. Casse-croute (Jacked Potatoes) et petit cidre pour coincer cela en début d’après-midi avant de retourner à Midhurst.

La drache annoncée a commencé à s’affaler sur nous vers la fin de la journée et s’est étendue jusqu’au lendemain matin.

Ce pays est quand même formidable. Sur une bête petite route de campagne, il n’y a qu’ici qu’on peut croiser en quelques kilomètres : deux Ferrari, une poignée de Porsche, six Aston Martin ancienne génération et deux bagnoles dont je ne connais même pas la marque mais qui font un bruit de jet en passant à côté de moi et dont le toit devait m’arriver au niveau des fesses. Les anglais vouent une véritable passion à leur patrimoine automobile et cela restaure de tous les côtés.

Comme la pluie de la nuit avait sacrément mouillé tout le bazar, je suis retourné au Queen Elizabeth Park le mardi matin pour me faire quelques descentes balisées à l’intérieur même du parc. Ce n’était pas vraiment folichon mais c’était cela ou la boue jusqu’aux oreilles, même si la pluie avait cessé.
Re-Jacked potatoes et re-cidre avant de re-tourner à l’hôtel pour une douche chaude bien méritée.

Mercredi, dernier jour, j’ai choisi une rando plus près de la mer. Soleil et vent sont encore au rendez-vous. J’ai pu faire la causette avec un couple de chevaux qui devaient probablement être également en vacance (voir les photos) ainsi qu’avec des moutons au drôle de pelage gris. Mais, à mon avis, mon accent n’a pas du leur plaire parce qu’ils ont commencé à pisser (de rire ?) quand j’ai entamé la conversation.

La région est fort crayeuse et je pense avoir embarqué sur mon vélo de quoi alimenter les tableaux noirs des écoles de Namur pendant quelques générations.  Il va falloir nettoyer tout cela à mon retour afin de pouvoir disposer d’un vélo tout nickel pour la prochaine rando de dimanche.

J’adore franchement ce pays ainsi que ses habitants. Chaque fois que j’en reviens, j’en rapporte une vraie banane.

Eric

  


dimanche 4 juin 2017

VTT à la mode britannique



Bon, me voici de retour de ma première rando organisée en sol britannique. Il faut quand même que je vous explique parce que, bien entendu, les anglais ne font jamais les choses comme tout le monde … sans pour cela sous-entendre qu’ils les font mal, que du contraire.

D’abord, cette rando est organisée par le plus grand site internet de vente de matériel de vélo en Europe. Il faut s’inscrire à l’avance et, donc, payer au moment de l’inscription. 37 pounds, ce n’est pas donné. Mais quand on aime, on ne compte pas. J’espère quand même qu’à ce prix là, ce sera le grand amour.

Trois distances sont proposées : 17, 29 et 39 miles. Oui, ici, c’est en miles.

Bien entendu, entre le moment de l’inscription et le D-day, tu reçois plein de mails avec des promotions fantastiques sur le site internet de l’organisateur. Mais cela, c’est de bonne guerre.

Quelques semaines avant, tu reçois encore un mail avec une pièce jointe de 8 ( !) pages qui te ré-explique toute la procédure en te fournissant, gracieusement, le tracé de la rando, que tu peux même télécharger dans ton GPS. Ce n’est pas si mal et cela évite d’avoir des messages de ceux qui se sont perdus parce qu’ils ont loupé une flèche.

Les horaires sont très stricts. Tu dois arriver à 7h20 mais pas avant et l’enregistrement commence à 7h30, pas une minute avant. A 8h30, les enregistrements doivent être terminés. Tu fais cela chez nous et c’est le boxon assuré.

Le D-day, quand tu arrives au départ, tu es accueilli par une cinquantaine de playmobils en chasubles jaunes (des fois que tu ne les verrais pas) qui t’indiquent, au centimètre près, où tu dois parquer ton véhicule. Une fois en place, tu laisses ton vélo accroché à la voiture et tu prends ton casque pour aller à l’enregistrement où tu te places dans la file qui correspond à la lettre de ton nom (ton nom ! Imbécile, pas ton prénom …). Les anglais sont des fanatiques de la file (la queue comme ils disent) et surtout, ne fait pas comme ce français, qui a essayé de resquiller et qui a failli se faire arracher les couilles. 

Comme tout est organisé, cela va très vite. Sur ton casque, on te colle une puce pour te chronométrer (pas de casque, pas de rando), tu reçois une plaque d’identification à fixer à l’avant du vélo, quelques brols d’un sponsor quelconque et tu repars à ta voiture. Tout cela en 5 minutes, top chrono.
Ensuite, tu t’apprêtes, tu flânes, tu te grattes ce qui te démange. Bref, tu fais ce que tu veux en attendant l’heure du départ. 

Celui-ci se fait dans un box, par paquets de trente. Dans le box, on te rappelle encore une fois les consignes (couleurs des flèches et patati patata …). A l’heure H, le box part tranquillos. Personne ne te pousse en gueulant « chrono » (ben tiens, on en a tous un). Deux minutes plus tard, le box suivant est lancé. Et cela continue jusqu’à épuisement des stocks.
30 minutes après le départ du dernier, les équipes commencent à déflècher (oui, dans le sens de la course … imbécile va). 

Les flèches sont tellement visibles (noir sur fond rose-violet) qu’un aveugle pourrait ne pas perdre son chemin. Pourquoi donc nous échinons nous à utiliser des couleurs si peu visibles ? Et pour être certain, on les place par trois et en plus, il y a de la rubalise rose bonbon. C’est d’un chic, je ne vous dis pas.

Des fois que des demeurés se seraient inscrits, quasiment à chaque croisement de route, on a placé un ou deux  playmobils avec des drapeaux (jaunes et roses) pour indiquer le chemin et qu’il faut bien faire attention de ne pas se faire encorner par une Aston Martin en traversant la route.

Ici, tu prends du dénivelé sans quasiment t’en rendre compte. Les montées sont généralement très longues sans obstacle du style gros cailloux, tronc d’arbre ou tuyau d’évacuation comme nous nous plaisons à les placer devant les roues des vttistes (cà, c’est notre côté jouette et taquin).

Il ne faut pas s’attendre à des descentes hyper-techniques. Par contre, elles sont généralement très amusantes pour peu qu’elles soient en single-track (et il y en a pas mal comme cela).

Les paysages sont superbes et les quelques villages que nous traversons sont d’un charme tout britannique qu’on ne trouve qu’ici (forcément, vous me direz).

La rando se passe dans une politesse extrême. Personne n’imaginerait pousser quelqu’un ni même le frôler de trop près. Ce serait « shoking ». Quand un vttiste se rend compte qu’un autre, plus rapide, est derrière lui, il propose de le laisser passer. Vous me direz que c’est tellement plus amusant de dégager la chicane mobile d’un coup de pied en l’envoyant dans le fossé (encore notre côté taquin) mais ici, cela ne se fait tout simplement pas.

Nous avons eu droit à deux ravitos 5 étoiles. Avec toilettes, distribution de tout ce que tu peux espérer t’enfiler sans devoir regonfler ta suspension, un médecin mobile (avec sa moto), une camionnette de réparation (c’est comme un food-truck sauf que c’est pour réparer les vélos).  

A l’arrivée, tu passes dans le portique de chronométrage et une charmante jeune fille te passe une médaille autour du cou. Si elle y arrive … parce que dans mon cas, j’ai eu l’impression qu’elle voulait absolument me fourrer le casque et tout ce qu’il contenait dans son opulente poitrine. Heureusement, j’y ai échappé. Tu reçois également un t-shirt de finisher (ce qui est toujours sympa) et une boisson revigorante. C’est surtout ceux pour lesquels la charmante demoiselle est arrivée à ses fins qui en ont besoin.

Après, tu peux aller au bike wash qui n’a rien à envier aux nôtres, à l’exception notable de la distribution  gratuite de produits de nettoyage (ma foi, assez efficaces) d’une marque bien connue.

Ensuite, tu peux,  au choix, faire la file aux douches, faire la file au barbecue, faire la file à la camionnette qui vend des expressos, faire la file pour te faire masser (mais pas par la fille des médailles). Rassure-toi, grâce à l’organisation britannique, tout va très vite.

Après tout ce tableau idyllique, on arrive au gros point noir des randos britanniques à savoir que tu peux te brosser pour trouver la moindre bière dans un rayon d’un kilomètre. Un concept pareil, chez nous, c’est inexportable. On comprend mieux, maintenant, la vraie raison du brexit. C’est tout simplement parce que nous refusons les randos vtt NA.

J’ai terminé la rando avec 63 km et 1500 m de D+ au compteur.


Eric



 









samedi 15 avril 2017

Stockholm au paradis du outdoor...

Eric bat des records de shopping...


Stockholm
Hahlofs


Stockholm
Peak performance


Stockholm
Berghen


Stockholm
Fjall raven


Stockholm
Icebreaker


Stockholm
Vaude


Stockholm
Sprayway


Stockholm
The north face


Stockholm
Meindl

Stockholm -6 degrés a Pâques....
Chouchou shopping and Starbucks....

vendredi 11 novembre 2016

« Raid » à Porto

Cliquez l'image pour voir les photos
« Raid » à Porto

Le terme n’est pas anodin.

En effet ceux qui pensent réserver un gentil petit citytrip d’automne dans l’intention de flâner encore quelque peu au soleil avant d’affronter l’hiver se trompent.

Un séjour à Porto requiert un solide entraînement de plusieurs mois, ainsi qu’un test à l’effort chez un médecin du sport, un certificat qui atteste de l’absence de toute pathologie cardiaque, de la solidité des genoux, du parfait équilibrage des hanches et du bassin, ainsi que de la musculature du dos. La Tienne Holà, à côté de ça, c’est du pipi de chat !!!

Accessoirement un certificat de bonne vie et meurs, au vu du nombre d’églises et de saints qui jalonnent la ville.

Par contre, si votre vue commence à baisser, c’est le moment d’y aller sans lunettes ! cela vous évitera le malheureux constat de l’état de délabrement de la majorité des bâtiments, maisons et édifices, en partant des trous dans les toitures, jusqu’à l’absence totale ou partielle de vitres et la déconfiture des châssis.

Nous devons le dire, même si Porto est doté d’un charme fou et d’une attractivité débordante, c’est la ville la plus délabrée qu’il nous ait été donné de voir, à ce jour, en Europe de l’ouest.

Témoins d’un passé très riche, une grande majorité des magnifiques bâtiments Art Nouveau et des maisons de maîtres sont actuellement dans un état d’abandon total, bien qu’occupés à tous les étages.

Ajoutons comme note particulièrement positive pour clôturer : un soleil généreux, un grand ciel bleu, le fleuve et l’océan, une palette de couleurs magnifique et l’immense gentillesse des portugais, souvent totalement désintéressée et gratuite.


Valérie

samedi 16 juillet 2016

dimanche 22 novembre 2015

Week-End à Oostkerke

Comme souvent, après quelques semaines de type « arrêtez-moi-sinon-je-flingue-quelqu’un », nous avons pris un long week-end de retraite dans notre petit hôtel habituel d’Oostkerke, à côté de Knokke. A l’origine, nous avions prévu de participer à la course Vtt du « Damese DuivelsHond » qui part justement du pied de l’hôtel. Malheureusement, à peine arrivés, nous avons appris qu’elle était annulée à cause de la météo exécrable qui balayait la côte belge en ce week-end. Qu’à cela ne tienne, n’écoutant que notre devise familiale, « à coeur vaillant, rien d’impossible », nous avons quand même enfourché nos destriers pour une petite balade d’une trentaine de kilomètres dans les polders flamands. Balade de laquelle nous sommes revenus transis et trempés.

Le samedi, nous avons bravé les rafales de vent de Knokke. Petit passage par une galerie d’art que nous connaissons depuis pas mal de temps où nous avons appris la visite, l’après-midi même, de Charles Fazzino, un artiste new-yorkais. Il y a une bonne vingtaine d’années, nous avons connu son travail lors d’une visite à New-York où nous avons acheté une de ses œuvres qui trône maintenant dans notre living. Charles Fazzino a eu l’amabilité de nous dédicacer son livre.

Le lundi matin, nous avons reçu la visite de la dernière cigogne qui passe l’hiver chez nous. Elle préfère certainement les tomates crevettes à la bouffe sénégalaise car elle passe l’hiver dans le patelin où les habitants la nourrissent et s’occupent d’elle (ou « il » ?).

Eric









samedi 8 août 2015

Riga ...

RIGA, capitale de la Lettonie, je précise car on confond souvent avec l’Estonie et la Lituanie (Tallin et Vilnius)…, probablement la belle surprise de notre l’été fortement concentré sur les pays de l’Est, leur histoire, et leur passé soviétique.
Visiter ces villes (Riga et Cracovie) par 30° au soleil nous a probablement permis de voir celles-ci sous leur meilleur jour et dans les meilleures conditions.
Je me doute que l’hiver dans le froid ou sous la pluie, l’effet ne serait pas pareil…
Nous avons pu profiter de longues marches dans les parcs, les quartiers anciens ou nouveaux, de long de jolis cours d’eau bien aménagés, de la plage…
Riga est intéressante à plusieurs titres mais surtout, en ce qui me concerne, par son quartier ART NOUVEAU, le plus grand du monde, avec plus de 800 bâtiments ART DECO dont la plupart dans un état de conservation surprenant.
Nous avons donc arpenté, rue par rue, tout ce quartier d’intérêt majeur, découvrant de très très beaux détails ART NOUVEAU.
Ensuite Riga est sur la Baltique et nous avons pu prendre le train pour nous rendre dans la station balnéaire (20 min) de Jurmala, sauvage, boisée, dont les datchas, anciennes, neuves, modernes, en bois sculpté, en bon état, luxueuses ou à l’état d’épaves, dissimulées dans la forêt qui arrive en bord de plage, étaient toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Cette côte de 33km de sable fin, populaire en été comme en hiver a su préserver son caractère authentique et sauvage. Quand on voit ce que nos politiques ont fait de notre côte belge, on se dit que l’on aurait pu prendre exemple !!!
Quant aux exemples pour nos politiques, ils ne manquent pas à Riga : il est incroyable de constater que des pays, « dits » moins développés, arrivent à offrir à leurs touristes des villes hyper propres, des parcs super entretenus, des toilettes publiques propres et accessibles partout, des centres historiques parfaitement entretenus, des quartiers sûrs relativement étendus… C’est remarque est valable autant pour Riga que pour Cracovie qui sont pourtant bondées de touristes, certainement pas plus propres là-bas que chez nous. Alors pourquoi Bruxelles, Rome, Paris,… sont-elles si sales !?!???
Le clou du voyage pour Eric a été une visite inattendue… ses radars sont toujours aux aguets lors de tout atterrissage… et en atterrissant à Riga, il a repéré plusieurs ancêtres soviétiques… je parle d’avions bien sûr…
Donc lors de notre retour, après avoir pris plusieurs contacts, nous avons pu visiter ce musée à l’air libre, rempli d’ancêtres de l’ère soviétique, tout à fait rares chez nous, puisque, me dit « Eric au Pays des merveilles » : « « Mais tu ne te rends pas compte, on ne voyait pas ça chez nous, les Russes les cachaient !!! ». A peu près seul dans cet entrepôt au soleil, Eric a pu photographier sous toutes leurs coutures les YAK, SUKHOI, ANTONOV, MIG 21 – 23 – 25 – 27 – 29, AERO, MI-2 – 4 – 6… le plus grand hélicoptère du monde… 90 soldats… vraiment, mais alors, vraiment, pour SON PLUS GRAND BONHEUR !!!
Si on peut faire une remarque tout de même, la Pologne autant que la Lettonie ne sont pas les pays du sourire… quel contraste avec nos contrées capitalistes… je dis « capitalistes » car on a tout de même l’impression que leur dur passé communiste explique probablement beaucoup de choses. Ces pays ont souffert, ces gens ont souffert, et cela se lit encore sur leur visage aujourd’hui.

Valérie.





samedi 25 juillet 2015

Paris - Barbizon

Il faut avoir vu Paris-ville à de nombreuses reprises et sous toutes les coutures pour oser centrer son weekend à Paris sur la forêt de Fontainebleau, Milly-la-forêt et Barbizon…
Et bien, nous l’avons fait, certes, pas de notre propre initiative, mais nous l’avons fait quand même !
Avec, au retour, quelques clichés qui donneront une idée de l’ambiance de cette ville d’artistes au passé habité de nombreux d’entre eux… peintres comme écrivains : Millet, Stevenson,… et toute une série de pré-impressionnistes venus chercher là une nature intacte.
Il faut avoir goûté à l’excellente cuisine française à de nombreuses reprises et à volonté pour oser centrer sa seule soirée restaurant parisienne sur un couscous en bord de Marne…
Et bien, nous l’avons fait, certes, pas de notre propre initiative, mais nous l’avons fait quand même !


Valérie

samedi 18 juillet 2015

Pologne - Cracovie

Quelle surprise quand on réserve, un peu par hasard, un city-trip à Cracovie, de se retrouver en un rien de temps sur la plus grande place d’Europe, une place médiévale… majestueuse et de toute beauté !
Et dans l’une des villes classées top 12 des plus belles villes d’Europe par l’Unesco !!!
Cracovie est une très belle découverte et je peux vous dire que nous n’étions pas les seuls à y avoir pensé…
La ville est vaste et aérée mais vraiment bondée de touristes venant de tous horizons.
Les activités y sont nombreuses mais les 35° à l’ombre durant nos 4 jours de séjour nous ont fait privilégier : la visite de la mine de sel, à 160m sous terre, un 15° permanent garanti !
Visite surprenante !!! 26 chapelles et une église sculptées à plus de 100m sous terre tout de même, dans du sel… par les mineurs eux-mêmes.
Et le site hautement historique de Auschwitz – Birkenau.
Bien documentés sur le sujet, nous n’avons rien appris de neuf de notre guide qui aurait pu être remplacée par un audio-guide pour le même résultat…
Mais le site en lui-même laisse pantois sans davantage de commentaire. Il y règne un silence surprenant malgré le nombre de visiteurs.
La dimension de Birkenau est incroyable !!! 136 hectares de restes de baraquements à perte de vue sur 2km…
Nous avons heureusement bénéficié de flâneries plus légères dans la vieille ville de Cracovie, l’ancien quartier juif, le château du Wawel,… le long de la Vistule… autant d’endroits agréables, bien aménagés et propres.
Les 35° nous ont découragés de goûter à la bonne cuisine polonaise faite principalement de ragoûts et de choux certainement bienvenus une fois l’automne installé…

Valérie