dimanche 28 août 2011

ARTour 2011 ou le vélo de la Louvière


Quand, une tasse de café à la main, vous embrassez votre dulcinée dans le cou, les gouttes (de café) sur la moquette résultant de cette effusion sont-elles de l’art contemporain ? Si vous trébuchez dans les escaliers et que le seau d’eau savonneuse s’étale sur le papier peint, est-ce une atteinte iconoclaste aux talents du peintre ou l’expression d’un mouvement surréaliste ? Quand vous engueulez votre petit dernier qui décore la tapisserie en tentant d’atteindre une mouche en plein vol avec son sifflet, êtes-vous en train de brider sa créativité et d’anéantir un futur Alechinsky ?
C’est précisément pour répondre à ces questions que l’Office du tourisme de La Louvière organisait une balade à vélo sur le thème ARTour, dans le cadre de la biennale d’art contemporain. Le succès était au rendez-vous puisque pas moins de … quatre personnes ont répondu à la pelle (ben oui, un râteau, ça le fait pas) : Chris, François, Valérie et moi. A cette occasion, nous avons eu droit à deux accompagnateurs bien sympathiques.

Bon, La Louvière, ce n’est pas vraiment une destination à placer sur les dépliants touristiques (quoique certains y arrivent quand même). Dans le style post-apocalyptique, c’est certainement un des fleurons. Il suffit de passer devant les anciennes usines Boch pour s’en rendre compte.
Mais, au moins, il est possible d’y faire du vélo. La première étape (100 mètres) nous a amenés vers le musée de la Gravure et de l’Image Imprimée où nous avons pu voir ce qui, à mon sens, doit être la plus grande collection de taches du monde. Il y en a de toutes les formes et pour tous les (d)(é)gouts.

Ensuite, nous nous sommes dirigés vers le canal du Centre et vers un des ascenseurs hydrauliques (mis en service à la fin du 19ème siècle) où nous avons marqué un arrêt à la cantine des italiens puis nous avons continué à longer le canal en passant devant le dépôt des usines Boel (un autre fleuron de la décrépitude locale).

Après une dizaine de kilomètres le long du canal, nous sommes arrivés au nouvel ascenseur à bateaux de Strepy-Bracquegnies. De loin, cela ressemble à un bunker au milieu des champs. Et, de près …, ben, c’est la même chose. Quelques millions de tonnes de béton et d’acier qui servent à monter et descendre des péniches sur un dénivelé de 73 mètres. Cet ouvrage est typique de la bonne ( !) gestion de nos élus : commencé en 1982 et ouvert à la navigation en … 2002, après 20 ans quelques 650 millions d’euros (une paille !). Pendant un certain temps, le budget qui était alloué à sa construction représentait les deux tiers du budget total octroyé par la Wallonie aux investissements d'infrastructure (de là l’état de nos routes). Son achèvement a été maintes fois remis en cause : en effet, les besoins des voies navigables ont diminué au cours des années et sa rentabilité était douteuse. Mais l'investissement déjà consenti ne pouvait être abandonné.

Lors de sa conception, il avait été prévu pour transporter des péniches de 1350 tonnes. Actuellement, il existe des péniches de 3000 tonnes. L’époque du début de sa construction était encore celle où la sidérurgie était (seulement) au début de son déclin.

A l’intérieur, une exposition ( !) qui présente le record du monde du saut en longueur de Mike Powell en 1991 avec un bon de 8.95 mètres. Un peu bizarre comme "œuvre" mais, bon, c’est contemporain, non ? L’entrée se fait par un hall d’accueil gigantesque uniquement chauffé par des radiateurs électriques directs. Gestion vous avez dit « gestion » …

De là, nous sommes repartis vers un autre ancien ascenseur à bateaux (le n° 3) où nous avons pu nous installer pour engloutir le pique-nique (made in Valérie).
Sustentés, nous sommes partis vers le charbonnage de Bois-du-Luc où une petite visite nous était préparée par un spécialiste local qui valait le détour à lui seul pour son enthousiasme et ses connaissances historiques.

Ensuite, nous sommes retournés vers La Louvière et la maison d’édition du Daily Bul. Les ramollissements de Pol Bury de même que le Lexicon (le bien nommé) de Roland Breuker méritent le détour. A cinquante mètres de là, le musée Ianchelevici et ses machines improbables est intéressant à visiter. J’ai particulièrement apprécié la ville végétale de Luc Schuitens. Bon, il faut quand même bien reconnaître que pas mal d’œuvres relèvent plus d’un processus masturbatoire que de génération artistique spontanée. Mais c’est quand même intéressant de savoir que notre Terre génère d’autres tarés que soi même et que, parfois (rarement), l’avenir appartient aux fous.

En résumé, une bien bonne journée sans pluie, avec de charmantes personnes pour une trentaire de kilomètres à plat. Belle initiative de la ville de La Louvière qui n’a malheureusement pas été payée comme elle l’aurait du.

Eric

dimanche 21 août 2011

Warnant ou la vallée de la Molignée à Vtt

Pour trouver Warnant, c'est facile. Vous vous arrêtez le long de la Meuse et vous regardez 160 mètres plus haut. Là, il y a Bioul. Et bien Warnant, c'est juste à mi-hauteur. C'est aussi dire que dans le coin, cela monte ou cela descend mais rarement entre les deux.

En bon team manager, Hugues avait bien correctement planifié le départ de la rando entre la drache de la nuit du samedi au dimanche et les orages violents (avec pluie, vents, grelons, éclairs et tout le toutim) annoncés pour le dimanche matin. Bien heureusement, les joueurs de lotto d'Uccle se sont encore coincé le doigt dans l'oeil du cyclone jusque l'eau morte plate et il n'est pas tombé une seule goutte de la matinée. Cette rando vtt s'est même déroulée sous le soleil, plein de soleil, ... de la chaleur, plein de chaleur, ... de l'humidité, plein d'humidité. Un bon 28° avec dans les nonante pourcents d'humidité.

Dès le départ de chez Hugues, cela monte sec dans le bois des Aujes. Quand j'écris "sec", c'est juste une image. En réalité, la drache nocturne a transformé les sentiers en bourbier où un ver de terre n'aurait pas pu retrouver ses vermisseaux. Après quelques kilomètres, nous sommes déjà couverts de boue, des pieds à la tête.

A la sortie du bois, nous empruntons un petit bout de route en direction de Denée. Nous descendons ensuite vers le bois de Ronquiere à la sortie duquel s'offre une très belle vue sur l'Abbaye de Maredsous. Nous nous y serions bien arrêtés pour une bonne tartine de fromage (ah oui, j'oubliais : ils font de la bière aussi, ces sacrés moines).

Hugues nous crie "en haut de la côte, tournez à droite". Christophe, le sens de l'orientation toujours affuté, loupe le début de la phrase et tourne à droite dans le bas de la descente, suivi comme un seul homme par Thomas et Etienne. Le trio nous rejoindra quelques minutes plus tard.

S'en est suivie une belle traversée de bois et de clairières ainsi qu'une longue descente vers la Molignée. Là, nous empruntons un bout de route blanche vers Le Marteau et les ruines du Château de Montaigle aux pieds duquel se trouve la maison qui a inspiré Walo Dînait pour son "Blanche Neige et les Sept Mains", chef d'oeuvre de la littérature érotique mosane (si si !).

S’il y a un truc que Hugues ne connaît pas, c'est le sens du mot "à plat". Lui, il connaît uniquement "monter" (souvent) et "descendre" (parfois). On a à peine terminé un chouilla de pente qu'un mur arrive devant nous. Comme juste après Montaigle, en direction du village de Haut-le-Wastia (le bien nommé). Là, dans le coin, il y a même un truc qui s'appelle "Mont d'Anhée" que nous n'avons pas souhaité visiter (non merci, sans façon ... burp). Carlos et moi avons profité que les quatre autres fous nous avaient lâchement largués dans la montée pour entamer une discussion sur la vie sexuelle des cailloux.

Nous poursuivons par une longue descente vers Anhée et son très joli terrain de foot. Un petit bout de Ravel nous a conduits jusque la Meuse, au Pont d'Yvoir. Plus bas que cela, il fallait creuser ! La vallée de la Molignée s'offrait à nous. Après quelques centaines de mètres le long de la rivière, nous nous sommes engagés dans les bois en direction de la Ferme de Corbais. De là jusque dans le Bois de Warnant et le Bois de l'Abbaye, il ne nous restait plus qu'une seule côte qui devait faire dans les, bof, cinq kilomètres et 150 mètres de dénivelé. Une paille, quoi ! Mais, bon, il a bien fallu reconnaître que, de là haut, la vue sur Warnant était impressionnante.

Le retour (en descente, s'il vous plait) vers notre point de départ s'est fait très facilement en n'oubliant pas, quand même, de nous arrêter juste devant la grosse chaîne tendue en travers du chemin par une bonne âme vertueuse.

Ce n'est qu'une fois arrivés chez Hugues que les choses sérieuses ont commencé. Nous avions tellement monté que nous avons cherché quelque chose à descendre. Et tout ce qu'on a trouvé, c'est un casier de Jup qui traînait, là, par hasard, dans un coin. Ce qui est certain, c'est que, malgré le soleil omniprésent, nous n'avons pas bronzé du tout, recouverts que nous étions de la bonne terre locale, de celle qui fait les hommes, les vrais ... De là, le retour à la Jup (vous suivez toujours ?). Boule a bien essayé de nous séduire avec son eau pétillante mais c'était méconnaître notre détermination.

Tiens, en parlant de boue, il nous a bien fallu l'enlever. Nous avons très longuement hésité entre le marteau pic et le Karcher. Après une discussion et un vote à coude levé, c'est finalement ... la douche qui l'a emporté. Pendant qu'Etienne, tel une soubrette du Sofitel, prenait soin de nos montures (!) que nous avions bien montées (!), nous nous sommes appliqués à boucher consciencieusement les canalisations de la maison d'Isabelle.

Une fois un semblant d'apparence humaine revenu, c'est un barbecue d'enfer qui nous attendait. On s'en est jeté un paquet derrière la cravate. Euh ... oui, c'est une image, bien entendu : le paquet n'était pas si gros que cela. Le dîner s'est terminé par un léger dessert, pas calorique pour un sou.

En résumé : une très bonne journée avec un tracé vtt "à la Hugues" très bien senti et un bbq "à la Boule" très bien digéré. Merci à tous, nous avons vraiment passé une très bonne journée.

Eric

PS : les seusses que la trace intéresse, ils peuvent la voir et la télécharger ici, sur le site de Garmin.