dimanche 14 janvier 2018
lundi 1 janvier 2018
dimanche 10 décembre 2017
VTT dans la neige
samedi 2 décembre 2017
Mountainbikers do it better ! ... ou 12 raisons pour pratiquer le Vtt
Le rasoir de
l’Occam
D’après certaines études, l’homme (et la femme) de 2100 sera
complètement glabre. En attendant le
réveillon du prochain siècle, nous devrons encore nous contenter de nous
désherber, sans glyphosate, chaque jour (pff …).
Les routiers préfèrent généralement un visage rasé de près
avec des favoris bien dessinés. Les moutainbikers, eux, n’en n’ont rien à
foutre. La barbe de trois jours et les cheveux longs sont considérés comme tout à fait normaux.
La pyramide et les
diabolos mentent.
Un cycliste du Tour de France ressemble à une pyramide :
tout dans les jambes, pas grand-chose dans les bras et un torse de pigeon.
Bref, un croisement entre de Hulk et ET.
Les journalistes mentent quand ils racontent que les
cyclistes sur route sont des sportifs complets. Je dirais plutôt qu’ils sont
des demi-sportifs à dessous hypertrophié et un haut sous-développé.
Avouez quand même un Gregg Minaar ressemble plus à un
diabolo : des bras (2) et un torse puissants, des jambes (2) musclées, la puissance
à l’état pur.
Les défilés
parisiens
Sur route, le lycra reste toujours à la mode, ce qui fait
ressembler un peloton du Tour de France à une sortie touristique pour folles en
goguette. Ils portent leur moulebite très ajusté au corps de manière à rendre
bien visible le moindre petit bourrelet.
La mode vttiste est caractérisée par différents types de
shorts et de jerseys généralement bariolés de publicités pour des marques de
bières ou de vélos. Les armures de protections peuvent ajouter une couche de
virilité aux enduristes et aux descendeurs. Certains d’entre eux doivent même se
couvrir la tête d’un casque intégral afin de se protéger des assauts de leurs
innombrables groupies qui gravitent autour des courses.
Nous préférons les vêtements amples dans lesquels nos
muscles puissants peuvent se développer librement et se déplacer selon les
contraintes imposées à nos corps d’airain.
La carte de
géographie
Là où les routiers nous montrent des corps propres et sans
tache, les Vttistes sont fiers d’arborer leurs différentes cicatrices,
témoignages de leurs nombreux exploits. Certains d’entre eux vont même jusqu’à
tatouer le lieu et la date de l’incident sous chaque cicatrice. La
classe ! Vous voulez apprendre la géographie ? Oubliez la mappemonde
et engagez plutôt un vttiste.
Faites la boue,
pas la guerre.
Afin de ne pas salir son beau maillot, le roadie évite toujours de passer dans les flaques d’eau. Le biker, lui, ne conçoit pas de
rentrer propre à la fin d’une trace. Il en va de même pour le vélo parce qu’un
biker sans boue n’est qu’un roadie déguisé.
Disc-jockey
Les rois du tarmac ne sont pas connus pour leur modernité ni
leur enthousiasme pour les nouvelles technologies. Leurs bécanes sont toujours
équipées de freins cantilevers, de pneus lisses, de câbles et de toutes ces
petites choses que nous avons remplacées par des disques, de l’hydraulique
voire même de l’électronique. Bon, ok, je vous concède que les changements de
vitesses sont électriques sur les vélos de route. Mais là où ils ont besoin de
trois plateaux, nous n’en n’utilisons plus qu’un seul.
La fée électrique
L’apparition de motocyclettes électriques dans les bois a
permis d’ouvrir de passionnantes discussions sur les bienfaits (ou non) de ces engins. Imaginez donc comment
les afters et les forums étaient ternes sans ces engins, générateurs de
controverses. Dans un vtt, au moins, il n’est pas nécessaire de cacher le
moteur sous peine de disqualification.
Les afters bio
A l’arrivée, les routiers se goinfrent de boissons
énergisantes et réhydratantes soigneusement dosées afin de restaurer leur
équilibre intérieur. Nous préférons les boissons naturelles à base d’eau,
d’orge, de houblon (et parfois de malt). Leur dosage est tout sauf
soigneusement mesuré. Ces compléments alimentaires permettent une ouverture complète de nos
chakras et, n’en doutons, pas de retarder l’heure du retour dans nos foyers.
A l’arrivée, un coureur du Tour de France est entouré de
tout un staff dont le seul but est de le préparer à l’étape du lendemain. Nous ... bof ... une chaise, une table, une chope, quelques potes et nous sommes repartis …
et pas besoin d’attendre demain … quoique …
Wall of fame
Un Froome ou un Contador sont bien en peine de pouvoir
prendre un pot tranquillos dans le pub local tant ils sont poursuivis par leur
notoriété. Les vttistes, eux, ne subissent pas ce problème de harcèlement. Et
pour cause, personne ne les connait et c’est en toute simplicité qu’ils peuvent
se déchirer grave au cafetar local.
Drifting
En balançant son corps sur la roue avant et en chassant méchamment
son bassin d’un côté ou l’autre du vélo, il est possible, pour quelques
secondes d’atteindre le nirvana cosmique qui consiste à faire glisser sa roue
arrière dans le gravier. Cette sensation n’est connue que de la part des
vttistes. Essayez donc cela avec un vélo de route et c’est l’hôpital assuré.
EPO
Racontez à quelqu’un qui n’est pas du milieu cycliste que
vous faites du vélo de route et vous n’attendrez pas une minute que l’on vous
parle d’Armstrong. Dites que vous faites du vtt et, en moins d’une minute,
votre interlocuteur propose de vous offrir une bière en échange du récit de vos
exploits.
Phéromones
Il a été scientifiquement prouvé que piloter un Vtt vous
rend plus confiant vis-à-vis du sexe opposé. En Asie, des usines entières
préparent des bouteilles contenant des phéromones de vttistes à destination des pays européens.
samedi 11 novembre 2017
Week-end à Oostkerke
Malgré la météo de ce week-end
qui n’était pas annoncée comme glorieuse, nous avons décidé de prendre notre
courage à deux mains et nos vélos à deux roues et de les emmener tous les quatre
« à la mer » (comme on dit chez nous). En fait de mer, notre quartier
général se situe à Oostkerke où nous avons l’habitude de nous retrouver quand
le besoin s’en fait sentir. A part ces maudites cloches de l’église d’en face,
ce petit village flamand est un havre de paix.
Les prévisions météo du vendredi
après-midi étant plus mieux que moins pires, nous avons fait une percée vers
Bruges, à une petite dizaine de kilomètres. Par sécurité, nous étions équipés
de nos phares mais il n’a pas été nécessaire de les allumer car nous sommes
rentrés tout juste avant l’endormissement du soleil.
Valérie avait préalablement
demandé à l’hôtel s’il serait possible d’avoir une cassolette de moules pour le
souper. Accompagnées d’une bonne Omer
(c’est de la bière), ces moules se sont révélées délicieuses.
Le samedi, nous avons prévu une
rando Vtt organisée à Maldegem. Les inscriptions sont possibles de 7h00 à …
14h00. Je dois bien dire que nous ne sommes pas habitués à une plage
d’inscription aussi importante aussi, décidons-nous de nous offrir une grasse
matinée et c’est vers 11h00 que nous partons sur le 45 Km. Comme d’habitude,
dans les Flandres, nous nous faisons dépasser par des séries de TGV qui nous
laissent sur place. La météo est correcte. Quand je dis « correcte »,
cela signifie que nous sommes trempés, pas par le haut (la pluie) mais plutôt
par le bas (la boue). Le vent, habituel dans la région, est relativement acceptable.
Comme d’habitude, nous faisons impression avec nos vélos typés
« enduro ». A l’arrivée, nous constatons un dénivelé impressionnant
de … 113 mètres. Oufti ! Vous me direz que c’est de la gnognotte à côté de 700-800 mètres et plus auxquels nous
sommes habitués. Pas faux … mais attendez la suite.
Après un bon décrassage des vélos
nous retournons à l’hôtel, à une petite vingtaine de kilomètres de là pour le
nettoyage des pilotes (qui en ont bien besoin).
Pour le soir, Valérie nous a
réservé un petit resto gastronomique (deux étoiles) à Damme qui nous a ravi.
La nuit de samedi à dimanche a vu
déferler les hauts, les bas et les travers de hurlevent au point que l’on se
demandait si ces foutues cloches n’allaient pas se retrouver par terre. Dimanche matin, plus aucun nuage en vue. Le
vent, par contre, décornait les bœufs et affolait les auvents de moulins.
Dans ces conditions
pré-cataclysmiques, nous décidons bien entendu, et par souci de sécurité, de …
sortir nos vélos et de partir sur une trace d’une cinquantaine de kilomètres en
autonomie totale.
Je reviens vers ceux qui pensent
que les dénivelés flamands sont de la pure rigolade. Essayez-donc, vous, de
rouler face à un vent de plat pays sans le moindre arbre pour vous protéger.
D’abord, vous avez toutes les chances de reculer. Pas de problème me direz
vous, il suffit de partir en marche arrière. Ben là, croyez-le ou pas vous ne
reculez plus mais vous avancez. Bizarre, hein, la Flandre.
C’est fourbus mais heureux que
nous rentrons à l’hôtel. Décrassage, apéro, apéro, bonne bouffe, dodo …. Rrrrrrrr.
Eric
samedi 21 octobre 2017
L'étude posturale
J’avais déjà entendu parler de l’étude posturale sur un
vélo. En gros, ce n’est pas un truc très sorcier. Cela consiste à faire
comprendre à votre vélo que vous êtes mal foutu et qu’il doit s’accommoder de
vos difformités pour qu’elles se voient le moins possible.
Et pour cela, le passage par un kiné (ou équivalent) spécialisé est
nécessaire.
L’étude posturale est intéressante dans les cas suivants (liste
non exhaustive) :
- Vous comptez traverser l’Atlantique en pédalo et vous voulez être certain du modèle de flotteur à utiliser.
- Vous êtes plutôt du style endormi et vous vous demandez si un vélo couché ne risque pas de vous être fatal
- Vous comptez jouer la gagne au prochain Cape Epic mais Nino Schurter refuse de vous prêter ses jouets
- Vous en avez marre que votre mère vous dise « tiens toi droit » à chaque occasion
- Vous avez une journée pluvieuse en vue et le nettoyage du vélo ne vous tente pas.
- Votre selle est cassée alors autant en acheter une qui ne vous écrase pas les roubignolles et ne vous coûte pas la peau du cul.
- Vous êtes mal foutu et vous ne voulez pas aggraver des choses
Bref, ce ne sont pas les motivations qui manquent.
J’ai fait ma petite étude de marché et j’ai lu beaucoup de bien
sur le système mis en place par Specialized dans des magasins, pompeusement nommés,
« Concept Stores ». Ce concept, le BG Fit, consiste à vous analyser
dans tous les sens afin de définir avec précision les positionnements des
différents éléments de votre bécane. Vous, c’est quand même trop tard pour
changer, alors autant faire comprendre ce que l’on souhaite à une machine plus
intelligente : le vélo.
Après quelques échanges de mails et un appel téléphonique
pour définir les modalités (ben oui … ce n’est pas gratuit), un rendez-vous est pris un samedi pluvieux d’octobre.
J’arrive donc avec mon vélo que les techniciens ont prévu d’installer sur des rouleaux. C’est sans compter que, parait-il, mon
système de fixation de roues n’est pas standard (un axe traversant DT Swiss
12x142). Bon … cela commençe bien … sans vélo.
Heureusement, le magasin possède une espèce de vélo d’appartement
qui peut être dimensionné à n’importe quelles cotes. Il possède des vis, des
vérins, des boulons, des tiges filetées, … dans tous les sens. Il suffit d’y
installer mon guidon pour retrouver le même positionnement que sur mon Santa-Cruz.
Ce n’est pas le vélo que je choisirais pour un Cape Epic mais cela devrait
faire l’affaire … pensait-on J.
Mais voilà, le diamètre de mon cintre est de 35mm et leur
standard est de 31.8mm. Le 35mm est quand même apparu en 2011 et s’est répandu
en 2014 dans les vélos de DH et d’Enduro.
Bref, on a fini par me trouver un cintre devant faire l’affaire.
Le kiné s’est inquiété de mes attentes et m’a mesuré et
scruté dans tous les sens, en me faisant prendre des postures parfois bizarres.
Il a mesuré ma souplesse qui tient plus du chêne centenaire que du roseau. Après
cela, la déprime a commencé. En résumé : j’ai une jambe plus courte que l’autre
(comme le dahu), les pieds en canard et le dos comme un dromadaire. Je m’apprêtais
à passer tout le bestiaire en revue et à me caser sur un vélo à 3 roues … quand
il a mesuré la taille de mon SIF ...
... Ok ... je vois à vos têtes ahuries que vous ignorez
ce qu’est un SIF. Il s’agit du Sillon Inter Fessier (bandes d’incultes).
Certains pourraient penser à un diamètre de trou de balle (la période de la
chasse arrive) mais il s’agit en fait de
la distance entre vos deux ischions. Et, non, « ischion » n’est pas
le petit nom donné à vos bijoux de famille mais plutôt aux deux os sur lesquels
vous appuyez, une fois assis.
Cette mesure en mains (si je puis dire), le choix de la
selle a été très facile. Une Specialized Power. Celle-là (selle !) a tout
de suite plu à mon tendre postérieur qui s’y est trouvé bien à l’aise. Bon,
cela risque d’être un peu tricky dans les descentes techniques car elle est assez
large et un peu encombrante quand on doit « passer derrière » mais
mon cerveau d'en bas n’en veut pas d’autre. Alors, ce que derrière veut …
Afin d’alléger la pression sur les zones périnéales, la
Power est largement évidée en son centre. J’espère juste ne pas m’y retrouver coincé un jour.
Une fois assis, on a remesuré le vélo, la position de mes
genoux par rapport aux pédales, la distance entre le bec de selle et le centre
du guidon, la hauteur de selle, l’avancement de la selle, … et j’en passe et
des meilleures.
Bref … des ajustements, très légers, sont faits. Comme je roule
« non clipsé », il n’a pas été nécessaire de régler les cales de mes
chaussures.
Durée totale de l’étude : environ trois heures. Coût :
180 euros. Cela les vaut-il ? A priori, oui. Mais je suggérerais de passer
à cette étude avant l’acquisition d’un
nouveau vélo. Toutefois, ce concept étant celui de Specialized, je doute qu’un
vélo d’une autre marque vous soit conseillé.
La première rando post-étude-posturale confirme le très bon
choix de selle. Les subtils changements qui ont été faits à mes réglages m’ont
également apporté une position, me semble-t-il, plus naturelle et malgré la
boue omniprésente, je n’ai pas ressenti de gène dans le bas du dos (oui, un peu
plus haut que le SIF) comme souvent lorsque le vélo glisse de l’arrière.
Eric
dimanche 6 août 2017
VTT, rando de Profondeville
Comme chaque fois, Profondeville nous a offert une des plus belles randos de l’année. Tracés, fléchages, ravito, sourires des crémières, … rien à redire. A l’arrivée, la Houppe, bière namuroise, coulait à flots.
Que du bonheur.
J’ai juste une remarque relative à ces foutus « verres » consignés qui font perdre du temps à tout le monde. Quand j’ai dû les reporter, c’est une file de 30 mètres qui m’attendait.
Que du bonheur.
J’ai juste une remarque relative à ces foutus « verres » consignés qui font perdre du temps à tout le monde. Quand j’ai dû les reporter, c’est une file de 30 mètres qui m’attendait.
samedi 22 juillet 2017
VTT dans les Cornouailles
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Bonjour Tonton Charlie et Tata Camomilla,
Je voulais vous remercier pour votre charmante invitation à
venir faire de la vélocyclette tous terrains sur vos terres du Devon, dans les
Cornouailles. Je vous suis également reconnaissant pour le grimoire (NDLR :
Vertebrate Publishing) que vous
m’avez envoyé qui décrit avec précision les plus beaux chemins de vos villages.
Nous ne doutions pas qu’il nous permettrait de choisir nos traces avec plus de
précision. Pas sécurité, j’ai retranscrit les plus intéressants (ceux qui
partent du château) sur un nouvel appareil qui m’a été fourni par le Mage
Garminus, à savoir le gousset pour
sirculer (*), plus communément appelé GPS.
Le trajet aller ne nous a pas posé de problème si ce n’est
qu’il a coïncidé avec le premier jour de congés d’été des enfants de vos serfs
et cela a occasionné énormément de bouchons de carioles de toutes sortes sur
les routes, déjà très étroites, de votre comté.
Nous sommes passés devant Hastings qui nous a rappelé de
bien tristes souvenirs pour votre famille. Heureusement, Sir Christopher vient
de venger votre honneur, pour la quatrième fois, en la mettant bien profond aux
fromages qui puent.
Nous avons commencé par passer quelques jours dans votre
castel du Devon, dans le parc impérial du Dartmoor. L’arrivée à l’hôtel
au château a été parfaite. Vos laquais ont bien pris soin de nos vélocipèdes
pendant que les servantes nous installaient dans notre suite. A ce propos, je
dois vraiment vous féliciter pour la qualité et l’amabilité de votre petit
personnel. Celui-ci sied comme il se doit à votre rang et vous pouvez être fier
du travail qu’il réalise.
Pour notre premier jour, la météo n’était pas terrible aussi
avons-nous choisi une trace pas trop longue avec un faible dénivelé qui nous a
emmenés dans des coins pas trop éloignés du château. Vos jardiniers ont fait un
travail remarquable et la région est magnifique.
Pourrais-je quand même vous suggérer de leur demander de
tailler les fougères qui, par moment, étaient plus grandes que nous ? A
certains endroits, elles formaient un réseau aussi impénétrable que Laidie Camomilla.
Une machette nous aurait été bien utile (pour les fougères, je veux dire).
Le petit GPS nous a été fortement sollicité car certains
chemins étaient vraiment invisibles et très difficiles à trouver. Les chemins
empruntés sont principalement rocailleux mais nous avons également beaucoup
apprécié de grandes traces dans de l’herbe tondue bien rase par vos moutons. A
ce sujet, ne vous inquiétez pas trop des moultes livres de piece of shit de
divers animaux croisés tout au long de nos périples avec lesquelles nous sommes rentrés au château. Vos valais
nous ont confié un nettoyeur à haute pression qui a bien fait l’affaire.
Puis-je également suggérer à vos cochers de chausser les
carrosses avec des pneus sans tube (des tubeless, quoi !) ? Et si c’est
déjà le cas, de rajouter une dose de lait de caoutchouc. Sans cela, les
nombreux arbustes à épines auraient taillés en pièces nos jantes (déjà que nos
mollets et chevilles, ce n’était pas triste). A l’avant, je privilégierais des chausses
disposant d’une bonne accroche (tels des Maxis High Roller II) tandis que les
roues arrières se contenteraient de modèles privilégiant la motricité. Grâce à
l’excellent drainage de vos terres, la grosse boue qui colle est quasi
inexistante.
Nous vous remercions d’avoir demandé à vos villageois
d’organiser une fête rien que pour nous. Le concours de chiens (où nous avons
remis, en personne, le prix du meilleur chien à six pattes) ainsi que la course
de canards ont été particulièrement appréciés. Le concours de tartes n’a pas
non plus été oublié ni le lancer de noix de coco.
Le lendemain, nous avons choisi une trace plus conséquente,
classée « noire » qui ne faisait pourtant que 32 Km et 700 mètres de
dénivelé positif. Une fois de plus, nous avons pu apprécier la beauté sauvage
de votre comté ainsi que les passages parmi les nombreux animaux laissés en
semi-liberté, sans compter les traversées de jungles de fougères, ronces et
genévriers. Les nombreuses grimpettes n’étaient pas piquées des sauterelles et,
en finalité, nous avons largement dépassé le dénivelé annoncé. A ce sujet,
pourrais-je vous demander d’intercéder auprès de Grand-Tante Lizbeth afin
qu’elle envoie le prévôt et quelques uns de ses sbires expliquer au bastard de scribe
qui a rédigé ce grimoire comment calculer correctement un dénivelé ? Il me
semble que lui empaler le doigt dans l’œil pourrait suffire à ce qu’il
comprenne qu’entre 700 et 1100, il y a une sacrée différence.
A la fin de cette journée, une bière locale a été très
appréciée. Celle-ci est produite par un de vos Ducs qui est en charge de la
prison locale où le brassage se fait dans une cellule. Ce donjon a la
réputation de ne laisser ressortir personne et le Duc semble bien y veiller.
C’est probablement de là qu’il tient son surnom de wanker Trou Duc.
Le lendemain, nous sommes partis vers votre résidence du
nord, dans le parc national de l’Exmoor où nous avons pris nos quartiers dans
une demeure accrochée à la falaise, le long du Bristol Chanel. Comme
d’habitude, cette situation nous a permis de rayonner depuis ce point.
Le départ de notre tracé (« rouge ») du jour
tenait plus de l’escalade que du pédalage aussi avons-nous privilégié … le
poussage. Cela nous aura été bien utile pour la suite de la journée. Arrivé en
haut des falaises, nous avons dialogué avec quelques uns de vos poneys du Devon
tandis que les paisibles grosses vaches à longs poils et larges cornes nous
laissaient passer sans problème. Les nombreux lapins présents dans la région ne
doivent pas être ignorés car ils creusent pas mal de trous (jouettes qu’ils
sont) qui peuvent être fatals aux cavaliers. De nombreuses descentes demandent
un bon niveau technique de la part des chevaliers mais on ne peut pas affirmer
qu’elles soient dangereuses. Au pire, il sera nécessaire de trouver une petite
soubrette pour ôter, une par une, les épines de muriers de nos fesses une fois
rentrés au bercail. La météo nous a gratifiés d’un ciel bleu durant toute la
journée et c’est le visage en banane que nous nous sommes arrêtés dans un pub
pour déguster une bonne bière (Fat Belly)
brassée sur place. Quel beau territoire vous possédez là.
Au sujet du ravitaillement, ne pensez-vous pas qu’il serait
utile de prévoir quelques relais afin de sustenter les chevaliers qui parcourent
vos terres ? Il n’y a, en effet, que très peu d’endroits où se ravitailler
en cours de route et il s’agit d’être prévoyant « à l’avance ».
Nous avons profité d’une journée de pluie pour rendre visite
à vos serfs du village voisin. Nous avons pu trouver un de ces commerçants qui
proposent encore des services aux vélocyclopédistes. Cette échoppe était très
bien achalandée et nous y sommes restés plusieurs heures en profitant également
du bar qui s’y trouve intégré. Il n’y a pas à dire mais vos sujets savent ce
que les chevaliers actuels attendent.
Le trace « noire » que nous avons choisie ensuite
ressemble plus à du steaple chase ou à une fox hunt qu’à une randonnée en vtt
mais c’est avec bravoure que nous nous sommes lancés dans l’aventure. Le
matériel, mécanique et humain, est soumis à rude épreuve et ce serait gageure
que de se lancer dans une telle aventure sans prendre un minimum de précautions
et de tenir compte que la couverture téléphonique sans fil est plus qu’aléatoire
dans ces régions reculées. Il n’est pas non plus inutile de prévoir un
pourpoint de réserve dans la besace dorsale d’autant que le ciel, parfois
capricieux, peut nous faire passer, en une seule journée, par les quatre
saisons, et cela sans Vivaldi. But as you know, we don’t give a shit to (Bart) ze
wezer.
Le terme Singletrack prend ici tout son sens. Il y a tout
juste la place pour poser la largeur d’un pneu et on se demande même comment le
cintre arrive à se faufiler entre les différents obstacles que des malandrins
ont placés sur le chemin au cours des siècles.
Cette semaine nous aura permis de parcourir 20 lieues (NDLR :
une lieue valant 3 milles impériaux, vous n’aurez qu’à faire le calcul J ) pour un dénivelé
total de 9843 pieds. Ce qui, à priori, peut ne pas sembler être extraordinaire,
mais Damn You, nos jarrets s’en souviennent encore.
Encore une fois, chère oncle Charlie, nous vous remercions
pour ces excellentes vacances que nous avons passées en vos lointains
territoires.
Thank you and do not forget to make the bise to Kate.
Damoiseau Eric & Dame Valérie
(*) certains mots ont été adaptés du vieux français et ne
sont peut-être plus en usage actuellement.
PS : Si quelques libertés historiques ont été prises, tous
les événements relatés ici sont rigoureusement exacts. Seuls les noms des
différents protagonistes ont été changés afin de protéger leur intimité.
Pays/territoire :
North Bovey, Newton Abbot TQ13, Royaume-Uni
dimanche 9 juillet 2017
Rando VTT de l'Hermeton à Surice
30.5 ° à l'ombre (mais personne ne nous obligeait à rester à l'ombre), 39 km., 800 M de dénivelé positif, 2 amis, 8 Maredsous, 2 coca-cola, 6 pains saucisses, 1 arrivée du tour de France, 2 glaces, 1 sieste.
samedi 17 juin 2017
VTT au Club Med de Pragelato (Italie)
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Du Vtt au Club Med de Pragelato,
en Italie. Après trois années consécutives à Peisey-Vallandry, il faut dire que
la barre était placée assez haut. A vol d’oiseau, Pragelato se trouve à peine
un peu plus loin que la station française. Mais il faut quand même se farcir le
tunnel du Fréjus et ses 50 euros (A-R). Si Peisey se situe sur un sommet,
Pragelato est plutôt dans une petite vallée. Là, on comprend immédiatement que
n’importe quelle trace Vtt commencera par une sévère montée.
L’arrivée se passe dans un joyeux
désordre. Visiblement, pour une semaine d’ouverture, la machine italienne n’est
pas encore rodée. Mais, bon, on finit par caser la voiture dans un parking
(prépayé à la réservation) qui se situe juste en face d’un parking public et
gratuit L
et on récupère notre chambre. En fait de chambre, il s’agit plutôt d’un appartement :
deux étages, deux chambres, deux toilettes, une grande salle de bain, une kitchenette
(avec frigo). Largement de quoi pouvoir nous étaler et enfermer nos vélos à l’abri
d’éventuelles convoitises. Là, nous avons été bluffés par cette chambre (cochée
« familiale » à la réservation). Il faut quand même dire que ce Club
Med avait été construit à l’origine pour accueillir les journalistes qui
relataient les JO d’hiver de Turin en 2006.
A notre arrivée, les GO italiens
sont toujours en train d’assembler les vtt (neufs) fraîchement réceptionnés.
Deux modèles de BMC aluminium full-suspendus sont disponibles : des 29
pouces avec double plateau ou des 27.5 pouces, mono-plateau avec tige de selle escamotable.
Du beau matériel qui souffrira dans les graviers et cailloux locaux. Pour les handicapés,
deux motocyclettes électriques Haibike sont également proposées à la location.
Ce matériel vaut les Lapierre X-Control mis en œuvre par le Club de Peisey. Comme
d’habitude, nous préférons utiliser nos propres vtt plutôt que ceux du Club.
Nous comprenons très vite qu’ici,
il s’agira bien de Cross Country (XC) et pas de descente (DH) comme en France. Le
XC demande moins de technique que le DH mais il n’en demeure pas moins que sans
un minimum de compétences techniques, à certain moments, cela peut se révéler
assez casse gueule. C’est le constat qu’un GO fera le premier jour avec un
passage par les urgences de l’hôpital de Turin. Résultat : une épaule en
carafe et le reste de la semaine en fauteuil.
Malgré leurs compétences et leur
gentillesse, nous sommes quand même surpris que les GO italiens laissent
certains GM, manifestement pas habitués au Vtt, prendre le départ dans des
chemins assez … délicats.
Ici, il ne s’agit pas de « cours »
de vtt comme à Peisey mais bien de vtt « accompagné ». Comme au ski,
chaque journée propose des pistes vertes, bleues ou rouges, selon leur degré de
difficulté. On peut regretter que les tracés soient souvent résumés à une
grande montée suivie d’une grande descente … par le même chemin. Quelques
tracés se font départs/arrivées Club, d’autres, départ camionnette et retour
vtt et une autre départ et retour en camionnette. Les remontes-pentes ne sont
pas opérationnels. Cela est vraiment dommage car cela aurait pu nous ouvrir d’autres
traces peut-être plus intéressantes.
Dès notre arrivée, pour le
lendemain, nous sélectionnons deux randos bleues. Une le matin et l’autre,
forcément, l’après-midi. Bien nous en a pris car nos organismes n’étant pas
habitués à ces altitudes (2000 m+) nous ont réclamé de l’air que nous avions des
difficultés à fournir. Quoiqu’il en fut, nous sommes quand même arrivés, parmi
les rares, au sommet des côtes sans mettre pied(s) à terre. Les groupes de 6 ou
7 permettent au GO accompagnateur de gérer sa rando sans trop de difficultés.
Les différences de niveau entre les participants se sont faites sentir en début
de séjour mais cela s’est vite calmé J.
Les magnifiques paysages des Alpes italiennes qui nous sont offerts une fois arrivés sur les perchoirs compensent largement les efforts fournis dans les montées.
A Pragelato, l’organisation
est … comment dire … italienne. Le
premier jour, seul un tuyau d’arrosage (sans pistolet) provenant du toit et qui
s’arrêtait à 1.5 m du sol était disponible. Le lendemain, un nettoyeur haute
pression fit son apparition mais sans électricité. Le surlendemain, l’électricité
était là mais le tuyau d’alimentation en eau se dégageait à chaque fois. Deux
personnes, dont une qui terminait mouillée, étaient nécessaires pour nettoyer
un vélo. Au quatrième jour, enfin, l’installation était opérationnelle. Il faut
quand même dire que l’extrême sécheresse faisait que nous ramenions chaque jour
quelques kilos de poussière accrochés aux vélos et qu’il valait mieux prendre
soin de la transmission. Avec les 25 degrés (et plus) qui ont caractérisé cette
semaine, le nettoyage n’a pas posé plus de problème que cela.
Nous avons terminé la semaine
avec 170 km et 3700 mètres de dénivelés positifs, ce qui, croyez-moi, n’est
quand même pas si mal.
Le Club de Pragelato est classifié
4 tridents. Cela signifie que le restaurant n’a pas grand-chose à envier aux
gastronomiques et qu’il a été difficile de résister aux différents plats régionaux
proposés. Le buffet de desserts était vraiment à se taper le cul par terre et
nous n’avons pas hésité à lui faire honneur … chaque jour.
Pour les non-vttistes (càd la
majorité des GM), de nombreuses randonnées pédestres, de difficultés variables,
sont proposées.
N’étant pas fan de clubesteries
et autres joyeusetés du même genre, je ne peux pas me prononcer sur leurs
qualités à Pragelato mais je peux supposer qu’elles sont du même tonneau que
dans les autres stations de la marque.
Le fait que nous choisissons
systématiquement la première semaine d’ouverture de la saison d’été a plusieurs
avantages. D’abord le prix est moitié (voir plus) moindre qu’en pleine saison,
il y a beaucoup moins de monde et les GO sont généralement plus « souples »
à nos demandes. Enfin, il n’y a pas d’ado J
ce qui présage de plus de calme et qui, accessoirement, m’évite d’en égorger un
ou deux J, à
titre préventif, histoire de fixer les limites. Le revers de la médaille est
que le Club monte en charge et que tous les services n’ont pas encore atteint
leur pic de forme.
Eric
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