samedi 3 avril 2010
... and then we take Berlin
Nous sommes partis tôt vers l'aéroport. Contrairement à ce que nous avions prévu pour ce week-end de Pâques, les routes étaient dégagées et nous sommes arrivés bien à temps à l'aéroport. L'avion (un Avro) était à moitié vide. Le décollage s'est fait à l'heure dite ( SN, ce n'est pas la Sncb quand même) et l'atterrissage également. A peine trois minutes à attendre et nos bagages étaient là. Le taxi nous attendait à la sortie et vingt minutes plus tard, nous étions à l'hôtel Ramada de Berlin.
Première impression de Berlin : une ville aérée, propre avec de larges trottoirs entretenus.
Comme d'habitude, nous avions choisi un hôtel assez centré afin de pouvoir nous déplacer à pieds. C'est comme cela que nous aimons apréhender les villes.
La première journée a été consacrée à prendre la température (une petite dizaine de degrés seulement mais un ciel bleu) de la ville. Direction le Reichstag (le parlement allemand). Comme vous le savez, il a été incendié en 1933 et entièrement restauré il y a quelques années. Au lieu de faire la file pour le visiter, nous nous sommes promenés aux alentours de la cité administrative de style ultra contemporain. Cela a été une constante durant tout le week-end : Berlin n'est pas, comme nous le pensions, une ville "des pays de l'est" avec tous les clichés que cela implique. C'est une ville extrèmement moderne où les chancres urbains ont quasiment disparu. Elle est définitivement tournée vers l'avenir mais sans toutefois renier son passé. Berlin est une ville très aérée avec des habitants sympathiques. La jeunesse est très active et branchée. La "platitude" du relief explique probablement le nombre élevé de vélos que l'on rencontre. Les agences de locations de vélos de toutes sortes sont d'ailleurs nombreuses.
Après quelques kilomètres le long de la Spree (la rivière qui traverse la ville) et dans un immense parc central (Tiergarten), nous sommes partis vers le Sony Center qui est un immense complexe avec cinémas, restaurants... d'une architecture très avant-gardiste. Comme nous étions en Allemagne, nous avons dîné dans un restaurant australien. Ben oui, les kartoffels, ce n'est pas trop notre truc. Ici, vous oubliez les week-ends gastronomiques.
Ensuite, direction le quartier de la porte de Brandbourg qui a été entièrement reconstruit après la réunification. La porte elle-même m'a semblé plus petite que ce que j'imaginais. Les anciennes puissances d'occupation se sont fait concurrence afin d'y construire l'ambassade la plus prestigieuse. Devant, on trouve les inévitables "touristeries" auxquelles on peut s'attendre à ce genre d'endroit : la photo avec le vrai/faux soldat russe et/ou américain, le vrai/faux passeport pour passer du secteur américain au secteur russe. Les vrais-faux péruviens déguisés en peaux-rouges et leur célèbre danse de la pluie (les cons !). Et le pire dans tout cela, c'est que les touristes suivent ... Il ne manquait que Mickey et Donald.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers le quartier "populaire" des magasins (la rue Neuve berlinoise, quoi !). Là, cela a été l'horreur intégrale. Un monde de folie qui courrait dans tous les sens. J'avais l'impression de me retrouver dans un train fantôme avec, à chaque tournant, un squelette essayant de me vendre des trucs inutiles. Au secours, j'veux sortiiiiiirrrrr ....
Nous avions déjà marché pas mal de kilomètres aussi, nous avons décidé de prendre le métro pour retourner en direction de notre hôtel. On s'est encore baladés dans un quartier assez branché de couturiers et de créateurs en tous genres avant de retourner à l'hôtel.
Avant de partir à Berlin, j'avais repéré deux endroits assez insolites. Le premier est un restaurant ( le spindler & klatt ) assez excentrique installé dans une ancienne usine d'apparence mal famée. J'avais réservé par internet avant de partir et bien m'en a pris. C'était effectivement un ancien entrepot, meublé de nombreux lits (!) bruns, entourés de tentures blanches, le tout agrémenté d'un DJ, d'une boule disco et d'effets de lumière rythmés. Vers 23h, l'endroit se change en club.
Le dimanche matin, nous avons repris nos pérégrinations pédestres en démarrant par le cimetière situé à côté de notre hôtel. Ensuite, direction les quartiers berlinois un peu plus décentrés. Nous sommes arrivés à un ancien point de passage entre l'est et l'ouest : Checkpoint Charlie est un coin à éviter. Cela combine le mauvais goût de Disneyland et du Monde Sauvage.
Les berlinois mélangent allègrement les styles architecturaux. Ce qui a pu être sauvé des bombardements a été restauré et cottoie joliment des immeubles contemporains. Le nombre d'immeubles vitrés est impressionnant. Et, partout, on retrouve ce sentiment d'espace aéré. A nouveau, nous avons croisé beaucoup de groupes visitant la ville à vélo. Il y a relativement peu de voitures et tout le monde semble respectueux du code de la route, même les piétons.
Dans l'après-midi, nous avons visité le musée de l'histoire des juifs allemands. En temps que tel, le musée est assez scolaire et, à moins de se préparer à une maîtrise sur le sujet, ne présentait pas un grand intérêt à nos yeux. Le bâtiment, par contre, est de toute originalité et mérite, à lui seul, le détour.
En retournant vers notre hôtel, nous sommes passé par le quartier chic de Berlin avec les grands créateurs et autres magasins de luxe (ouf, c'était dimanche et tout était heureusement fermé).
Le soir, nous avons soupé dans une petite pizzerria avant de voir le second endroit insolite que j'avais pris soin de noter. Le Tacheles. En d'autres temps, ce bâtiment, construit en 1909, a accueilli le siège de la SS. Après la création de la RDA, il n'était plus qu'une ruine gigantesque en plein milieu de Berlin Est. Le Tacheles est, à l'origine, un collectif de musiciens qui s'est formé au temps de la RDA, en désaccord avec les méthodes de censure du régime. En 1990, ces artistes squattent cette ruine et réclament de faire déclarer ce bâtiment comme monument historique. En 1992, la classification de monument historique sera confirmée. Depuis, il est officiellement une maison d'artistes venus du monde entier.
La cage d'escalier n'est pas très accueillante. Taguée de haut en bas et de droite à gauche elle aurait plutôt tendance à vous laisser en bas. Sans parler de l'odeur. Mais si vous n'y regardez pas de trop près, vous accéderez à une quantités d'ateliers d'artistes installés un peu n'importe comment, sur chacun des 6 étages (sans ascenseur) du bâtiment.
Lundi, déjà le jour du retour. Même la météo était triste. Ce furent nos seules gouttes de pluie du week-end. Nous sommes partis vers la place de la tour de la télévision. Ensuite, retour à l'hôtel, le temps d'enfiler une petite souplette et de sauter dans un taxi.
Sans aucun doute, Berlin restera dans mon top five des villes européennes à citytriper.
Eric
PS : merci à Leonard Cohen pour m'avoir suggéré le titre de ce blog : "First we take Manhattan, and then we take Berlin.".

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