Sans masque, c’est ce qui est
recommandé par les autorités belges, à condition de retenir sa respiration
quand on croise quelqu’un (à plus de 1.5 m), il n’y a aucun problème. Le
résultat est que les membres du gang des petits vieux tombent comme des mouches
dans les grands magasins (qui ne sont plus si grands que cela depuis 3 semaines).
Ils sont tout bleus, on dirait des schtroumpfs.
Avec masque, se pose le problème
du choix. Les masques chirurgicaux et FFP2 étant réservés pour les corps
médicaux, c’est déjà rapé. A moins d’avoir braqué un des transports convoyés
par les forces spéciales ou récupéré un usagé comme ceux que l’on trouve par
terre à chaque carrefour, cela devient extrêmement difficile de s’en équiper.
Reste alors le masque artisanal.
Là, le choix est quasiment infini. Cela va du vieux bavoir de table usagé en
passant par la serviette hygiénique (à placer dans le bon sens, autocollant
vers l’intérieur), la version prêt-à-porter de l’atelier protégé ou, le top, la
haute couture sur mesure.
Dans ce dernier cas, le choix du
tissu est primordial. Il ne faut pas oublier que les stocks disponibles ne sont
pas infinis. Si vous ne voulez pas vous retrouver avec des petits cœurs roses
sur la figure, il vaut mieux commander tôt.
Moi, par exemple, je
voulais un masque comme celui-là :
Avoir un masque, c’est bien mais
encore faut-il le porter correctement. Les élastiques s’accrochent aux oreilles
(çà, en général, c’est bon). Mais il ne se glisse pas sur la tête (sauf si vous
sortez de votre synagogue) et il ne se porte pas sous le menton (sauf sur les pistes
de ski pour ne pas avoir froid). Il ne se met pas non plus sur les yeux (sauf
pour dormir). Ah oui … il se place sur l’avant du visage. Si vous le mettez
derrière la tête, le premier coup de vent vous donnera l’air d’un voilier qui a
déployé son spinaker. Ce masque, il doit couvrir le nez et la bouche. Pour
certains, si cela pouvait les empêcher de parler, ce ne serait pas plus mal et
pour d’autres, ce serait encore mieux si cela leur permettait d’éviter de
respirer.
Ce matin, Valérie m’a envoyé au
casse-pipe. Quand tu te balades avec ce type de masque (le brun avec l’espèce
de treillis), ce qu’il y a de bien, c’est que dès que quelqu’un arrive en face,
le quidam change de trottoir. Je suppose que je devais avoir la tête d’Hannibal
Lecter ou alors, que je sentais très très mauvais de loin. Cette dernière
option ne m’a pas rassuré parce que, moi, je ne sentais rien.
Avec ce masque, tu crèves
tellement de chaud que tu envoies plein de buée sur tes lunettes. A coup sûr,
je vais me prendre un poteau dans la gueule et, avec la chance que j’ai, je me
retrouverai avec un gros ambulancier à moustache pour me faire du bouche-à-bouche
et qui me refilera certainement le covid. Moralité : masque ou pas, tu te
retrouves aux urgences avec un tuyau à chaque bout de ton tube digestif.
Eric


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