Pour trouver Warnant, c'est facile. Vous vous arrêtez le long de la Meuse et vous regardez 160 mètres plus haut. Là, il y a Bioul. Et bien Warnant, c'est juste à mi-hauteur. C'est aussi dire que dans le coin, cela monte ou cela descend mais rarement entre les deux.
En bon team manager, Hugues avait bien correctement planifié le départ de la rando entre la drache de la nuit du samedi au dimanche et les orages violents (avec pluie, vents, grelons, éclairs et tout le toutim) annoncés pour le dimanche matin. Bien heureusement, les joueurs de lotto d'Uccle se sont encore coincé le doigt dans l'oeil du cyclone jusque l'eau morte plate et il n'est pas tombé une seule goutte de la matinée. Cette rando vtt s'est même déroulée sous le soleil, plein de soleil, ... de la chaleur, plein de chaleur, ... de l'humidité, plein d'humidité. Un bon 28° avec dans les nonante pourcents d'humidité.
Dès le départ de chez Hugues, cela monte sec dans le bois des Aujes. Quand j'écris "sec", c'est juste une image. En réalité, la drache nocturne a transformé les sentiers en bourbier où un ver de terre n'aurait pas pu retrouver ses vermisseaux. Après quelques kilomètres, nous sommes déjà couverts de boue, des pieds à la tête.
A la sortie du bois, nous empruntons un petit bout de route en direction de Denée. Nous descendons ensuite vers le bois de Ronquiere à la sortie duquel s'offre une très belle vue sur l'Abbaye de Maredsous. Nous nous y serions bien arrêtés pour une bonne tartine de fromage (ah oui, j'oubliais : ils font de la bière aussi, ces sacrés moines).
Hugues nous crie "en haut de la côte, tournez à droite". Christophe, le sens de l'orientation toujours affuté, loupe le début de la phrase et tourne à droite dans le bas de la descente, suivi comme un seul homme par Thomas et Etienne. Le trio nous rejoindra quelques minutes plus tard.
S'en est suivie une belle traversée de bois et de clairières ainsi qu'une longue descente vers la Molignée. Là, nous empruntons un bout de route blanche vers Le Marteau et les ruines du Château de Montaigle aux pieds duquel se trouve la maison qui a inspiré Walo Dînait pour son "Blanche Neige et les Sept Mains", chef d'oeuvre de la littérature érotique mosane (si si !).
S’il y a un truc que Hugues ne connaît pas, c'est le sens du mot "à plat". Lui, il connaît uniquement "monter" (souvent) et "descendre" (parfois). On a à peine terminé un chouilla de pente qu'un mur arrive devant nous. Comme juste après Montaigle, en direction du village de Haut-le-Wastia (le bien nommé). Là, dans le coin, il y a même un truc qui s'appelle "Mont d'Anhée" que nous n'avons pas souhaité visiter (non merci, sans façon ... burp). Carlos et moi avons profité que les quatre autres fous nous avaient lâchement largués dans la montée pour entamer une discussion sur la vie sexuelle des cailloux.
Nous poursuivons par une longue descente vers Anhée et son très joli terrain de foot. Un petit bout de Ravel nous a conduits jusque la Meuse, au Pont d'Yvoir. Plus bas que cela, il fallait creuser ! La vallée de la Molignée s'offrait à nous. Après quelques centaines de mètres le long de la rivière, nous nous sommes engagés dans les bois en direction de la Ferme de Corbais. De là jusque dans le Bois de Warnant et le Bois de l'Abbaye, il ne nous restait plus qu'une seule côte qui devait faire dans les, bof, cinq kilomètres et 150 mètres de dénivelé. Une paille, quoi ! Mais, bon, il a bien fallu reconnaître que, de là haut, la vue sur Warnant était impressionnante.
Le retour (en descente, s'il vous plait) vers notre point de départ s'est fait très facilement en n'oubliant pas, quand même, de nous arrêter juste devant la grosse chaîne tendue en travers du chemin par une bonne âme vertueuse.
Ce n'est qu'une fois arrivés chez Hugues que les choses sérieuses ont commencé. Nous avions tellement monté que nous avons cherché quelque chose à descendre. Et tout ce qu'on a trouvé, c'est un casier de Jup qui traînait, là, par hasard, dans un coin. Ce qui est certain, c'est que, malgré le soleil omniprésent, nous n'avons pas bronzé du tout, recouverts que nous étions de la bonne terre locale, de celle qui fait les hommes, les vrais ... De là, le retour à la Jup (vous suivez toujours ?). Boule a bien essayé de nous séduire avec son eau pétillante mais c'était méconnaître notre détermination.
Tiens, en parlant de boue, il nous a bien fallu l'enlever. Nous avons très longuement hésité entre le marteau pic et le Karcher. Après une discussion et un vote à coude levé, c'est finalement ... la douche qui l'a emporté. Pendant qu'Etienne, tel une soubrette du Sofitel, prenait soin de nos montures (!) que nous avions bien montées (!), nous nous sommes appliqués à boucher consciencieusement les canalisations de la maison d'Isabelle.
Une fois un semblant d'apparence humaine revenu, c'est un barbecue d'enfer qui nous attendait. On s'en est jeté un paquet derrière la cravate. Euh ... oui, c'est une image, bien entendu : le paquet n'était pas si gros que cela. Le dîner s'est terminé par un léger dessert, pas calorique pour un sou.
En résumé : une très bonne journée avec un tracé vtt "à la Hugues" très bien senti et un bbq "à la Boule" très bien digéré. Merci à tous, nous avons vraiment passé une très bonne journée.
Eric